L'homme dit avoir été expulsé parce qu'il portait un t-shirt de La Meute. Le groupe a affirmé vouloir déposer une plainte à la Commission des droits de la personne. 

Un membre de La Meute expulsé de Place Fleur de Lys

Un membre du groupuscule proche de l'extrême droite La Meute a été expulsé du centre commercial Fleur de Lys, mardi matin.
L'histoire a été mise au jour par le blogueur et professeur de philosophie Xavier Camus tard mardi soir. Sur Facebook, le leader de La Meute au Saguenay, Éric Proulx, a raconté qu'un membre du clan avait été expulsé parce qu'il portait un t-shirt à l'effigie du groupe.
«Il a été escorté manu militari par trois agents de sécurité du centre commercial», écrit Éric Proulx, qui dénonce ce qu'il considère comme une violation des droits fondamentaux de ce militant de La Meute. 
Selon la directrice générale de Fleur de Lys, Louise Gagnon, un agent de sécurité aurait d'abord demandé, «par excès de zèle ou manque d'expérience», au membre de La Meute de couvrir le logo de son chandail. 
«Notre service de sécurité reçoit régulièrement des mémos de la police pour nous demander de surveiller certains groupes», a mentionné Mme Gagnon, tout en convenant que le gardien de sécurité n'était pas justifié d'intervenir pour le port d'un t-shirt.
Il n'a pas été possible d'obtenir plus de détails concernant lesdits mémos que la police aurait envoyés au centre commercial. Selon Mme Gagnon, l'établissement en aurait reçu un encore récemment de la part de la GRC, ce qui ne nous avait pas été confirmé par le corps de police au moment d'écrire ces lignes. 
Toujours est-il que ce n'est qu'après que l'homme soit revenu dans le centre commercial - vêtu cette fois d'un chandail neutre - qu'il aurait été expulsé parce qu'il faisait de la sollicitation pour le groupe, ce qui est interdit par la réglementation de l'établissement, a expliqué Mme Gagnon. «On lui a demandé de quitter, ce qu'il a fait», a-t-elle relaté.
Une autre version
En entrevue sur les ondes de Boulevard 102,9, mercredi après-midi, l'homme expulsé, Patrick Guilbeault, a affirmé n'avoir rien fait qui méritait l'intervention des gardiens de sécurité. «Je suis allé aux toilettes, et en sortant, deux agents m'attendaient et m'ont demandé de quitter parce qu'ils ne voulaient pas de membres de La Meute dans le centre d'achats», a déclaré celui qui a rejoint le groupe il y a environ un mois. Selon lui, c'est vraiment son t-shirt qui posait problème. 
Comme il avait un achat à faire dans une boutique et qu'il devait rencontrer un autre membre de La Meute dans le centre commercial, Patrick Guilbeault serait retourné à sa voiture pour y enfiler un survêtement. Il serait ensuite retourné dans le centre commercial faire son achat et rejoindre la personne qui l'attendait avant de quitter les lieux. «Comment voulez-vous que j'aie fait de la sollicitation, j'ai été là deux minutes!» a déclaré Patrick Guilbeault, qui s'est par ailleurs dit fier de faire partie de La Meute et d'afficher les couleurs de l'organisation. 
Le groupe dit vouloir déposer une plainte à la Commission des droits de la personne «dans les plus brefs délais». Selon Éric Proulx, la direction de Fleur de Lys aurait besoin «qu'on lui rappelle cordialement l'existence des libertés fondamentales de la charte des droits et libertés [...]. En particulier la liberté d'association.»
«Ironiquement, les loups affirment qu'il est contraire aux droits de la personne d'empêcher quelqu'un de porter les vêtements qu'il désire. Ils passent pourtant leurs journées à se lamenter de la tenue vestimentaire des femmes musulmanes, qu'ils aimeraient faire interdire», écrit pour sa part Xavier Camus sur son blogue.