La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau.

Un forum sur la maltraitance financière des aînés à Québec le 22 février

Un forum sur la maltraitance matérielle et financière des aînés se tiendra à Québec le 22 février prochain. La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, compte sur cet échange pour trouver les meilleurs outils à mettre en place pour contrer l’une des plus fréquentes formes de violence contre les personnes âgées.

Pas moins de 33% des appels reçus à la ligne téléphonique Abus Aînés concernent de l’exploitation matérielle ou financière, a rappelé la ministre Charbonneau en entrevue au Soleil, cette semaine. Dans 80% des cas, cette forme de maltraitance est commise par un membre de la famille ou une personne très proche.

«Les pistes de solution, on ne les a pas actuellement. On veut asseoir les gens qui gèrent l’argent - l’Autorité des marchés financiers, les institutions financières, le Curateur public - et leur demander ce qui les aiderait à mieux aider les aînés, de quels outils ils auraient besoin», a expliqué Mme Charbonneau. 

«La jeune femme à la banque qui voit quelque chose [des sorties d’argent anormales dans le compte d’une personne aînée], à qui elle le dénonce?» illustre la ministre, qui cite aussi l’exemple du notaire «qui voit des mariages entre deux personnes avec une différence d’âge douteuse». 

Bien sûr, il est difficile d’intervenir quand la personne est apte, reconnaît la ministre. «J’ai l’obligation de respecter les décisions de quelqu’un qui est reconnu comme capable de gérer ses choses. Je suis une des premières à dire qu’on ne peut pas s’ingérer dans la vie de quelqu’un, décider pour un aîné, mais on peut mieux le guider, mettre en place autour de lui des gens qui vont lever des petits drapeaux. Il faut trouver le juste milieu.»

Au terme du forum, qui réunira aussi des organismes de défense des droits ou représentant les aînés, le gouvernement aura en main des pistes de solution qui guideront son action, dit Mme Charbonneau. 

«Est-ce que ça prend quelque chose au niveau du ministère de la Sécurité publique? De la Justice? De la Famille qui a la responsabilité du Curateur? Des ordres professionnels? Est-ce que les solutions doivent passer par une loi, un décret, un règlement, des assouplissements à des règlements? C’est à voir, mais on veut que les solutions soient mises en place le plus rapidement possible.»

Valoriser les proches aidants

La députée de Mille-Îles, qui en était à son premier mandat comme ministre, se représentera aux prochaines élections. Parmi les dossiers qui l’intéressent particulièrement: les proches aidants, qu’elle voudrait voir davantage valorisés. 

Selon elle, l’aide qu’on apporte aux proches aidants doit être plus que financière, «plus que quelque chose qu’ils écrivent dans leur rapport d’impôt». «J’aimerais qu’on parle plus d’eux, des sacrifices qu’ils font au quotidien pour s’occuper de quelqu’un. On devrait, comme société, se donner un regard plus bienveillant envers ces personnes-là», estime Francine Charbonneau.

«Est-ce que ça ne pourrait pas être de laisser, par exemple, le proche aidant monter dans le transport adapté avec la personne plutôt que de l’obliger à suivre en auto en arrière? Il y a des endroits où on ne le laisse pas monter», illustre-t-elle.  

Il faut, selon elle, reconnaître le «participant actif» qu’est le proche aidant dans notre société. «Quand j’aide le proche aidant, je m’aide comme gouvernement, parce que j’ai un allié extraordinaire qui prend soin de la personne pendant des heures», souligne-t-elle.

Les milieux de travail et même d’enseignement doivent eux aussi «donner plus d’air» aux proches aidants, croit Mme Charbonneau. «Ça devrait être permis pour une personne de faire ses études au ralenti quand elle est proche aidante. […] De la même façon que si un proche aidant a besoin de s’absenter six mois du travail pour pouvoir aider et accompagner son fils atteint d’un cancer, il devrait pouvoir le faire sans risquer de perdre son poste», illustre la ministre.