Les Ursulines ont joué un rôle majeur dans l’éducation des filles au Québec et en Amérique du Nord.

Un documentaire rend hommage aux Ursulines

Les Ursulines de Québec ont quitté le monastère de la rue du Parloir à la fin du mois de septembre 2018. La fin d’une époque pour bien d’anciennes élèves qui ont fréquenté le couvent, ce qui a incité Andrée de Billy, elle-même pensionnaire, à tourner un documentaire pour rendre hommage aux Ursulines.

Andrée de Billy a été pensionnaire de 8 à 12 ans. Cette période a eu un impact majeur dans sa vie. «Les Ursulines ont vraiment eu une influence sur moi. Lorsque j’ai appris qu’elles ne seraient plus là, j’ai eu comme un choc», explique-t-elle. 

Peu avant le déménagement, une Ursuline lui a dit qu’elle faisait une dépression à cause de ce changement. «C’était acquis qu’elles allaient partir, mais c’est quand ça arrive vraiment qu’on le réalise.»

Mme de Billy a donc voulu rendre hommage à toutes ces femmes pour que les gens sachent qui étaient les Ursulines et comment elles ont vécu. «On n’a pas vraiment parlé de religion, on a plutôt abordé des sujets comme la sexualité et des choses personnelles. On a fait du cœur à cœur», mentionne-t-elle.

L’importance des Ursulines

Même si elle a rejeté la religion catholique et qu’elle ne croit pas en Dieu, la réalisatrice du documentaire trouvait important de garder une trace de cette histoire. «Leur philosophie est universelle, elles ont fait un cheminement sur la connaissance de soi», estime-t-elle. 

Selon Andrée de Billy, ce départ marque la rupture d’un fil transmetteur de traditions et de savoir. «Il ne faut pas l’oublier, les Ursulines, c’est la première institution de filles en Amérique du Nord. Pour l’éducation, c’est vraiment majeur. Ma grand-mère est allée là, ma mère aussi. À Québec, beaucoup de personnes ont un lien avec les Ursulines», confie-t-elle. 

Et contrairement aux prêtres, les Ursulines n’ont jamais été éclaboussées par des scandales. «C’était des femmes de cœur», insiste Mme de Billy. 

Le documentaire réalisé par Andrée de Billy en collaboration avec Lise Bonenfant montre des témoignages d’Ursulines et d’anciennes élèves. Il sera diffusé le 23 avril au Musée national des beaux-arts du Québec. La soirée-bénéfice sera animée par l’actrice Marie Tifo et tous les profits seront versés en bourses d’études pour les élèves de l’école des Ursulines de Québec et de Loretteville.