«On dirait qu'il y a une bombe qui est tombée sur le chemin de la Canardière», remarque Sylvain Martel, propriétaire de la cordonnerie Grands-Pas, à propos du chantier en cours dans Limoilou.

Un chantier donne des maux de tête aux commerçants de la Canardière

Les travaux en cours à l'intersection névralgique du chemin de la Canardière, de la 4e Avenue et de la 8e Rue, dans le quartier Limoilou, se font sentir sur les petits commerçants avoisinants, dont plusieurs admettent en voir les effets sur leur chiffre d'affaires.
Ce chantier rappelle de bien mauvais souvenirs à Sylvain Martel, propriétaire de la cordonnerie Grands-Pas. En 2010, la 3e Avenue avait aussi été «éventrée» alors que les commerçants entre la 9e et la 17e en avaient pris pour leur rhume. «Pour moi, c'est encore pire cette année et c'est encore plus mal géré!» a-t-il lancé. 
Il n'en revient tout simplement pas de l'accès limité à son commerce du chemin de la Canardière. Seul un petit chemin en gravier, le long du chantier, permet de s'y rendre. Les rues avoisinantes sont bloquées et les places de stationnement sont rares.  
«Je suis pris dans les travaux. La Ville était censée faire un accès pour les commerçants et on nous avait dit que l'accès aux commerces serait possible en tout temps... Les clients ont de la misère à venir ici», a dénoncé M. Martel. Jeudi, dit-il, la seule voie d'accès à son commerce aurait été fermée entre 8h30 et 11h30, ce qui ne respecterait pas les termes de l'entente avec la Ville et l'entrepreneur. 
«On dirait qu'il y a une bombe qui est tombée sur le chemin de la Canardière. Quand même qu'ils aient fait un petit chemin, qu'ils fassent au moins un chemin potable pour que n'importe qui puisse passer.» Selon lui, sa clientèle - composée surtout de personnes âgées - évite le secteur en raison de la difficulté d'accès. 
«D'habitude, les jeudis et les vendredis ce sont de grosses journées. Mais aujourd'hui [vendredi], c'est comme un mardi ou un lundi bien tranquille», a-t-il expliqué. «Mon salaire, je vais le chercher par les gens que je sers», a-t-il ajouté.
Tout près, à la friperie du Pavois, on observe également une baisse importante de la fréquentation... et des ventes. Celles-ci auraient baissé de moitié en près de deux semaines. 
Faute de budget pour annoncer l'ouverture du commerce sur la 3e Avenue ou ailleurs, seule une pancarte placée dans la vitrine invite les gens à l'intérieur. «On a aussi lancé des journées avec des rabais pour attirer quelques clients», a avancé Rachel Hardy, intervenante à la friperie, mais les moyens financiers sont limités. 
Demande respectée 
La Ville de Québec assure avoir respecté la demande des commerçants du chemin de la Canardière en ce qui a trait à faciliter l'accès aux commerces. «Avant le début du chantier, nous avions demandé à l'entreprise qui en est responsable de s'assurer que l'accès aux commerces soit maintenu en tout temps, et jusqu'à présent l'entreprise a respecté cette demande», a défendu Rose-Marie Ayotte, conseillère en communications à la Ville de Québec. 
Mme Ayotte rappelle qu'un signaleur sur le chantier est responsable d'assurer la sécurité des piétons qui traversent le chantier. Celui-ci peut aussi prêter assistance aux personnes qui auraient besoin d'être accompagnées. 
La Ville indique qu'aucune plainte sur les travaux n'a été reçue jusqu'à maintenant et assure sa pleine collaboration avec les commerçants touchés par le chantier. Même si l'épicerie IGA de la 4e Avenue enregistre une baisse de 4 % de ses ventes depuis le début des travaux, son directeur, Michel Jobidon, reconnaît que la Ville collabore pour réduire les effets négatifs des travaux. Mais «cette semaine, c'est horrible», a-t-il laissé tomber, surtout que l'événement Limoilove complique les déplacements dans le secteur. 
Selon l'échéancier, les travaux devraient terminer à la mi-décembre.