Financée par les membres de la succursale Desjardins, la populaire sculpture de bronze habitait le Vieux-Québec depuis 1994. 

Un célèbre bronze quittera le Vieux-Québec

Les passants et touristes du Vieux-Québec ne verront bientôt plus la populaire sculpture de bronze Bienvenue installée depuis plus de 20 ans près de la Caisse Desjardins. L'institution financière voisine de l'hôtel de ville a vendu son immeuble de la rue des Jardins et déménagera l'oeuvre dans Montcalm. Une décision qui indigne des citoyens. Et aussi l'élue responsable de la culture, Julie Lemieux.
«Nous, on considère que c'est une mauvaise décision. C'est dommage pour le quartier, dommage pour les touristes. C'est une oeuvre magnifique qui est probablement la plus photographiée du Vieux-Québec présentement», a lancé la conseillère et bras droit du maire Régis Labeaume. 
«Je travaille à l'hôtel de ville juste en face et je le vois, c'est une oeuvre très très appréciée par tous. Je trouve dommage qu'on la sorte du quartier», a poursuivi M. Lemieux.
«On a fait une représentation auprès de la Caisse populaire afin qu'elle change d'idée et ç'a été une fin de non-recevoir», a-t-elle déploré.
La sculpture de bronze, qui occupe un petit espace en retrait de la rue des Jardins sera plutôt installée Caisse Desjardins Notre-Dame-du-Chemin, rue des Érables. 
L'administration Labeaume, estime Mme Lemieux, avait offert de reprendre l'oeuvre, de l'ajouter à la collection d'art public municipale et d'en assurer l'entretien. 
La direction de la caisse a plutôt offert à la Ville d'acheter la sculpture, mais les coûts risquent d'être élevés. «On aurait aimé pouvoir discuter davantage, mais on nous dit que c'est décidé», a poursuivi l'élue qui garde espoir d'un changement de cap.
Julie Lemieux a réagi au Soleil après la mobilisation naissante de citoyens du Vieux-Québec dont l'ancien directeur de l'urbanisme à la Ville de Québec, Serge Viau.
Il a écrit à la direction de la Caisse. «Pour le Vieux-Québec, c'est une grosse perte», a-t-il dit.
La Caisse se défend
À la Caisse Desjardins de Québec, le directeur général Denis Laforest rejette toutes ces critiques et défend la décision de l'institution qui avait commandé cette oeuvre en 1994.
«La Caisse l'a payée 100 000$», dit M. Laforest, répliquant que l'oeuvre appartient aux membres de la succursale. «Elle ne se désincarne pas. Elle va déménager et sera mise en valeur», a ajouté le directeur.» La Caisse, dit-il, a d'ailleurs confié à l'artiste Nicole Taillon le mandat de restaurer l'oeuvre au moment de son déménagement, vraisemblablement à l'automne.
En entrevue au Soleil, Denis Laforest dénonce aussi ce qu'il qualifie de mouvement marginal. «Ça n'a aucun bon sens! Ce dossier est complètement dénaturé et il prend des proportions. Je n'en reviens pas», dit-il.
Et pas question de céder l'oeuvre à la Ville de Québec même si elle fait partie du paysage de l'arrondissement historique depuis près d'un quart-de-siècle.
«On ne la donnera pas. Ce sont les membres qui l'ont payé, elle appartient à la caisse», a tranché Denis Laforest. «La décision a été prise par le CA. C'est une décision interne.»
Plus que tout, le directeur de la Caisse Desjardins de Québec estime injuste la perception que cette histoire pourra donner à l'image de l'institution financière impliquée dans différentes manifestations culturelles et citoyennes comme le Marché de Noël allemand, diverses commandites, la Parade des jouets, le Théâtre le Périscope.
«La Caisse a plus que patte blanche en matière de culture, tranche Denis Laforest. On est partout.»
Quant à la présence des services financiers, la Caisse conservera un comptoir et des guichets automatiques dans l'immeuble de la rue des Jardins. Le bureau de change, qui était en perte de vitesse, sera fermé et les étages supérieurs de l'immeuble n'étaient déjà plus occupés par la Caisse depuis plusieurs années.
«On a été sensibles à l'effet que ce soit perçu comme une perte de service dans le Vieux-Québec», assure le directeur général. Mais au final, la vente de l'immeuble, dit-il, s'est avérée, la décision la plus réaliste et logique.