La propriétaire du Café Krieghoff de l'avenue Cartier, Kathy Rioux, trépigne à l'idée de se lancer en affaires sur Maguire, à compter du mois d'octobre.

Un Café Krieghoff sur Maguire

Véritable institution du quartier Montcalm depuis 40 ans, le Café Krieghoff procédera à l'ouverture d'un grand frère jumeau, à l'automne, sur l'avenue Maguire, dans le local bientôt laissé vacant par le Cochon Dingue. L'arrivée du nouveau commerce créera une quarantaine d'emplois.
La propriétaire du Krieghoff de l'avenue Cartier, Kathy Rioux, ne cache pas son enthousiasme à l'idée d'importer à Sillery une version quasi identique de l'établissement original. «Ce sera presque un copier-coller. Le Krieghoff a un nom, une notoriété que je veux amener sur Maguire. On va faire notre place. Je veux le mener au top», explique-t-elle au Soleil.
L'arrivée d'un «Krieghoff 2.0» sur Maguire découle de la décision prise en novembre dernier par le PDG de Restos Plaisirs, Pierre Moreau, de mettre la clé sous la porte du Cochon Dingue, après 25 ans d'activités, pour ouvrir un restaurant «nouvelle génération» au centre commercial Place Sainte-Foy, à l'endroit occupé autrefois par Casey's.
Du coup, la SDC Maguire se retrouvait avec un immense local de 160 places sur les bras. La recherche d'un locataire s'est alors mise en branle, jusqu'à ce que Kathy Rioux se laisse tenter par l'aventure.
«Lorsqu'on m'a approchée, il a fallu que je réfléchisse un moment, mais je me suis dit pourquoi pas, explique Mme Rioux. Ça bouge de plus en plus sur Maguire. C'est une rue passante dans un quartier résidentiel qui ressemble un peu à l'avenue Cartier.»
Depuis 2015, Kathy Rioux est seule propriétaire du Krieghoff, après avoir partagé le travail pendant huit ans avec Vincent Drouin. La femme d'affaires a grimpé tous les échelons au sein du café depuis 30 ans. À l'époque, les plus vieux s'en souviendront, la fumée des Gitanes et des Gauloises créait un brouillard permanent dans l'établissement. C'était avant, bien entendu, les lois antitabac...
«J'ai commencé par faire les pizzas. J'ai fait la plonge, travaillé au bar, puis comme serveuse, ensuite assistante-gérante, gérante, copropriétaire et maintenant propriétaire.»
Transition en douceur
La transition entre les deux restaurants sera fera en douceur, sans qu'il y ait interruption de service. Si tout va comme prévu, le «Krieghoff 2.0» ouvrira ses portes le 1er octobre, au lendemain de la fermeture du Cochon Dingue. Restos Plaisirs laissera dans les cuisines tout l'équipement.
Outre l'installation d'une nouvelle affiche et quelques coups de pinceau, les changements cosmétiques seront limités au minimum à court terme, «pour ne pas déstabiliser la clientèle», explique la propriétaire, heureuse de voir que le «magnifique local» compte déjà son lot de boiseries.
Les habitués du Krieghoff retrouveront la même ambiance, tant dans le menu que le choix de musique, là aussi française mur à mur. Si le Krieghoff Cartier offre de l'hébergement touristique, avec sept chambres à l'étage, il n'est pas question pour le moment d'implanter la formule sur Maguire.
Le Krieghoff n'en est pas à sa première expansion. Un petit café portant la même enseigne a ouvert, il y a deux ans et demi, à la Cité verte, sur le chemin Sainte-Foy. «C'est davantage un dépanneur de quartier», précise Kathy Rioux.
Grosse nouvelle pour Maguire
Les travaux les plus importants du nouveau restaurant seront effectués d'ici les deux ou trois prochaines années. On souhaite les faire coïncider avec le plan de revitalisation annoncé récemment par le maire Labeaume pour faire de Maguire une rue «plus conviviale, attrayante et moderne». Au printemps 2018 devrait commencer la construction d'un complexe d'un 15 millions $, avec condos et commerces, en lieu et place de l'immense stationnement à ciel ouvert. Des travaux d'aqueducs et d'égouts sont également dans l'air. Autant de chantiers qui ne seront pas sans apporter un lot de chambardements pour les commerçants et la clientèle.
Pour la SDC Maguire, l'arrivée du Krieghoff représente une «grosse nouvelle», lance son directeur Camil Lacroix. «Ça va être bon pour la rue. Nous cherchions un restaurant capable d'offrir les déjeuners, les dîners et les soupers. C'était important pour nous.»