Pour le moment, les joueurs de pétanque n’ont pas d’espace adéquat pour s’entraîner en vue des compétitions internationales.

Un boulodrome réclamé à Québec

Les amateurs de pétanque de Québec ont bien l’intention d’avoir un nouveau boulodrome dans la région afin de pouvoir pratiquer leur sport à longueur d’année.

Un groupe de travail du Club de pétanque de Québec a été formé ces derniers mois dans le but de soumettre à la Ville de Québec un projet pour pouvoir jouer à la pétanque à l’intérieur.

«On trouve vraiment dommage qu’il n’y ait pas un lieu ouvert toute l’année permettant aux nombreux amateurs de pétanque de pratiquer leur sport. […] Quand il faut faire une heure et demie aller-retour pour jouer à la pétanque l’hiver, ce n’est pas motivant», indique Nadia Bernard, secrétaire de la Fédération de pétanque du Québec et membre du groupe de travail. 

Le boulodrome le plus près de Québec se trouve à Saint-Bernard. 

Projet sérieux

Jouissant déjà de l’appui de la FADOQ et des fédérations québécoises et canadiennes de pétanque, le groupe de travail a déjà eu des rencontres avec la Ville de Québec.

Même s’ils ne crient pas victoire, les membres du groupe constatent que la Ville prend au sérieux le désir de plusieurs citoyens d’avoir un boulodrome. 

«La pétanque, c’est le sport le plus francophone qui soit. On aimerait que Québec devienne un lieu de rassemblement pour les passionnés de ce sport», ajoute Cyrile Montenol, membre du groupe de travail. Ce dernier ajoute que des discussions se poursuivront avec la ville concernant la possibilité d’occuper un immeuble déjà existant pour le réaménager en boulodrome.

Quant au financement, le groupe de travail cherche des fonds auprès de commanditaires et par diverses activités.

Pour les amateurs et les compétiteurs

Nadia Bernard souhaite que ce projet offre un espace pour tous les amateurs de pétanque, mais aussi pour ceux qui font de la compétition.

Pour le moment, les joueurs de pétanque d'élite n’ont pas d’espace adéquat pour s’entraîner en vue des compétitions internationales comme le Championnat du monde masculin qui s’est tenu à Desbiens au Lac-Saint-Jean, la semaine dernière. Québec en compte certains, dont Maryse Bergeron, qui a représenté le Canada lors de 13 championnats mondiaux de pétanque. Elle souhaite ardemment qu’un nouveau boulodrome voie le jour à Québec, non seulement pour aider les compétiteurs actuels, mais aussi la prochaine génération.

«Il y a quatre sections d’entraînement dans le sous-sol de l’école Sainte-Geneviève, mais ce n’est pas suffisant comme espace pour bien se perfectionner, c’est comme pratiquer le saut en hauteur dans un gymnase d’un mètre cinquante», indique l’ancienne championne canadienne. 

Elle ajoute que le fait de devoir se déplacer énormément pour s’entraîner est nuisible pour les athlètes de ce sport. En effet, ces derniers ont, pour la plupart, des occupations importantes en dehors de la pétanque.

«J’ai ma fille dont je dois m’occuper, en plus du travail, donc ça arrive que je manque de temps dans une journée pour m’entraîner adéquatement», ajoute-t-elle. 

Elle mentionne que l’hiver demeure une période charnière pour pratiquer puisqu’il s’agit de la saison morte en ce qui concerne les compétitions.

Dans le meilleur des mondes, Mme Bergeron souhaiterait voir l’inauguration d’un centre national d’entraînement permettant à tous les joueurs professionnels de pétanque de se préparer pour les compétitions. 

«Un lieu comme ça pourrait motiver les jeunes à pratiquer le sport, ainsi on pourrait bâtir une relève compétitive, ce que nous n’avons pas pour l’instant», indique-t-elle.

Apprendre des erreurs

Si le projet se concrétise, il deviendrait le troisième boulodrome à être implanté à Québec au cours des 10 dernières années. 

Il y a environ 25 ans, un boulodrome était présent sur le site d’ExpoCité, avant d’être relocalisé sur le boulevard Père-Lelièvre. L’établissement a été ouvert pendant près de 20 ans.

En 2015, le projet du boulodrome de la Capitale a été lancé par Yves Aubin. Cet établissement, inauguré en 2016, possédait 14 terrains de graviers. Toutefois, le propriétaire a mis la clé sous la porte un an et demi plus tard.

Face à l’échec financier de ces deux boulodromes, Maryse Bergeron indique que le prochain devra offrir à sa clientèle plus que des terrains d’entraînement.

«Le loyer d’un immeuble et les frais afférents peuvent être très élevés et cela a pour conséquence de faire augmenter les prix. En hiver ça passe, mais l’été, quand les gens peuvent jouer à la pétanque pour 2 $, ils vont bouder le boulodrome. […] Pour que ça soit un succès, il faut s’inspirer un peu du modèle des arénas, en proposant des airs de restauration et un bar. Cela peut offrir un revenu supplémentaire», explique Mme Bergeron. 

Les membres du groupe de travail sont bien conscients de cette réalité. Il prévoient d’ailleurs que le boulodrome ait des installations extérieures pour compenser les pertes occasionnées pendant la période estivale.