L’administration de l’aéroport de Québec a encaissé une hausse de plus de 30 % en 2018, ce qui a porté sa facture à plus de 5 millions $.

Un bond de plus de 30 % des «taxes municipales» de l’aéroport Jean-Lesage

Propriétaires, pestez-vous parfois en recevant votre compte de taxes municipales? Eh bien, quand on se compare… L’administration de l’aéroport de Québec a encaissé une hausse de plus de 30 % en 2018, ce qui a porté sa facture à plus de 5 millions $. Et 2019 promet de lui réserver une autre surprise salée!

Avant que les lecteurs les plus soucieux de l’exactitude de la terminologie employée sautent sur leur clavier pour nous inonder de courriels, précisons tout de suite que l’aéroport ne paie pas de taxes municipales. Mais c’est tout comme. 

Puisqu’il s’agit d’une propriété du gouvernement fédéral gérée par une administration locale sans but lucratif, elle n’a pas à payer d’impôt foncier. Sauf qu’elle verse à la mairie de la capitale un montant équivalent, une compensation tenant lieu de taxes.

Le débat terminologique réglé, nous pouvons remarquer que la croissance de la facture payée par l’aéroport à la Ville de Québec grimpe beaucoup plus vite que celle des autres entreprises. Leur compte a certes enflé au cours des dernières années, mais généralement à un rythme se rapprochant de l’inflation.

Surtout, la facture payée par l’aéroport grimpe nettement plus vite que celle des citoyens. Dans la capitale, le propriétaire d’un bungalow a obtenu deux ans de gel des taxes municipales. Le plus récent budget nous a appris que l’impôt foncier augmentera en moyenne de 1,2 % en 2019.

Que se passe-t-il donc à l’aéroport pour que le paiement compensatoire explose ainsi? Les évaluateurs de la mairie ont pris note de l’inauguration de la nouvelle aérogare et de travaux de rénovation connexes, explique au Soleil un porte-parole municipal, David O’Brien.

Ces mêmes évaluateurs ressortiront leur calculatrice en 2019 quand d’autres portions du chantier de 277 millions $ seront officiellement complétées. 

«La nouvelle aérogare a été ouverte en décembre 2017 et nous travaillons actuellement au raccordement des secteurs international et domestique», expose la conseillère communications et relations médias de l’Aéroport international Jean-Lesage, Laurianne Lapierre. «Ce raccordement sera livré en plusieurs étapes, d’ici la fin de l’année.»

Puis s’ajoutera le centre de prédédouanement américain promis depuis quelques années déjà. Le conseiller principal, relations avec les médias, chez Transport Canada, Simon Rivet, nous assure que la réglementation sera livrée ce printemps, ce qui donnera le coup d’envoi au projet.

Trop cher

Voilà qui promet quelques hausses supplémentaires du compte de taxes municipales de l’aéroport de la capitale. Au grand dam de l’administration qui dénonce ce qu’elle considère être une injustice par rapport à d’autres aéroports canadiens qui paieraient moins cher.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a cependant offert une fin de non-recevoir à toute réduction éventuelle : «Il n’est pas question qu’on donne un congé de taxes à l’aéroport, non monsieur», avait-il balancé l’an dernier.

L’ancien gouvernement québécois, du Parti libéral, avait toutefois entendu les doléances de l’aéroport et lui avait octroyé une aide spéciale de 2,5 millions $ pour alléger la facture d’impôts fonciers. Aide qui devait être répétée durant trois ans…

Le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec n’a toutefois pas statué sur l’avenir de cette subvention discrétionnaire. «L’aide financière de 2,5 millions $ […] est limitée à l’exercice 2017-2018», fait remarquer Sébastien Gariépy, relationniste de presse au ministère des Affaires municipales. Et le décret qui a permis le débours «ne prévoit le versement d’aucune somme pour l’année 2019».