Ultime plaidoyer des retraités de Québec

Les retraités de la Ville de Québec en appellent au sens de la justice des conseillers municipaux pour éviter la suspension partielle de l'indexation de leurs rentes.
L'administration Labeaume a fait part en novembre de son intention d'ajuster l'indexation en fonction du déficit actuariel, comme le permet la loi 15 sur les régimes de retraite. 
Pour 2017, l'économie pour la Ville est estimée à 1,45 million $. Les retraités recevraient 72,4 % de l'augmentation automatique basée sur le coût de la vie. 
Selon le président de l'Association du personnel retraité de la Ville de Québec (APRVQ), Gaston Verreault, une telle mesure pourrait représenter une perte de pouvoir d'achat de 70 millions $ sur 15 ans pour ses membres. Il s'inquiète particulièrement pour le tiers des retraités qui reçoivent moins de 20 000 $ par année. 
Au maire Régis Labeaume, qui a déjà déclaré qu'il était inéquitable que les contribuables paient pour renflouer les caisses de retraite, M. Verreault réplique qu'«il est inéquitable que les contribuables paient le loyer du Centre Vidéotron et enrichissent une entreprise privée», en l'occurrence Québecor. Il implore les élus de reconsidérer leur décision.
Lévis coupe les indexations à ses retraités
Plus de 200 retraités de la Ville de Lévis n'auront pas droit à l'indexation de leur rente le 1er janvier prochain. Aux prises avec des régimes de retraite déficitaires, la Ville dit agir par souci d'équité avec ses employés actuels et la population. 
«La situation n'est pas très, très rose au moment où on se parle», a justifié le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. Depuis 2009, la Ville a versé des cotisations supplémentaires de 19 millions $, mais les régimes de retraite de ses employés sont toujours déficitaires de 24 millions $. 
C'est une clause de la nouvelle loi 15 qui permet maintenant aux municipalités de suspendre l'indexation des rentes si les régimes ne sont pas capitalisés à 100 %. La Ville de Québec a déjà annoncé cet automne qu'elle le fera, et la Ville de Lévis poursuit le bal. À Lévis, seuls les cadres et les professionnels retraités touchaient des indexations chaque année, ce qui représente un peu plus de 200 personnes. Elles se verront privées de 2,4 millions $ au cours des 10 prochaines années. Les cols blancs, cols bleus, pompiers et policiers à la retraite ne sont pas touchés par cette mesure, parce qu'ils n'ont pas droit à des indexations.
Le conseiller Robert Maranda explique que les faibles taux de rendement et l'augmentation de l'espérance de vie ont plombé les régimes de retraite et que tous doivent faire leur part. «Peut-on demander aux retraités de ne pas contribuer à ce redressement financier alors que les cadres qui sont toujours actifs, eux, n'auront jamais d'indexation?» demande-t-il. 
M. Maranda soutient que toutes les personnes concernées ont été conviées à des rencontres afin que la Ville explique sa décision. «On le fait pas en sauvage, on le fait avec beaucoup de transparence.»
Si les régimes de retraite reprennent leur vitesse de croisière et que tous les déficits passés sont épongés avant 10 ans, la loi 15 oblige les municipalités à verser de nouveau les indexations prévues. «Mais d'ici là, nous, on n'a d'autre choix que de le faire [suspendre les indexations], parce que sinon, c'est le contribuable qui paye», a lancé le maire Lehouillier.  Patricia Cloutier