Le boulevard Laurier sera doté d'une structure de sécurité temporaire à l'endroit où une jeune femme enceinte, Marie-Pier Gagné, 27 ans, s'est fait happer mortellement le 10 août.

Tunnel ou passerelle pour la traverse du boulevard Laurier?

Passerelle ou tunnel? La Ville de Québec tient à rendre plus sécuritaire la traversée du boulevard Laurier devant le CHUL. Mais trouver la bonne solution permanente n'a rien de facile.
«C'est pas mal plus complexe que je ne l'aurais cru à première vue», a lancé mercredi le maire de Québec, Régis Labeaume, en marge d'une activité à Château-Richer.
Il confirmait alors qu'à court terme, l'artère sera dotée d'une structure de sécurité temporaire à l'endroit où une jeune femme enceinte, Marie-Pier Gagné, 27 ans, s'est fait happer mortellement le 10 août.
«Au printemps, on va mettre une structure temporaire pour ne plus que ça arrive», a certifié M. Labeaume.
Ce dernier a dit souhaiter que cette solution temporaire pour empêcher une voiture de faucher un piéton soit conviviale. Pas question de gros blocs de béton parfois utilisés. «On va essayer de faire ça un peu plus chic. On aurait pu mettre des "jersey" mais ça fait un peu champ de bataille», a illustré le maire de Québec.
«Pas simple»
À plus long terme, la Ville, a poursuivi Régis Labeaume, travaille à une solution permanente avec les représentants du CHUL, de Laurier Québec et de la SSQ.
Et devant le nombre de points à considérer, décider d'une future infrastructure s'avère plutôt compliqué à en croire les intervenants.
«C'est pas simple. Il y a un hôpital, un centre d'achats, un boulevard très fréquenté», a énuméré le maire de Québec.
Un tunnel pourrait être une solution, mais encore faut-il que les gens souhaitent l'emprunter, a-t-il avancé, invoquant la sécurité d'un éventuel passage sous le boulevard Laurier.
«Un passage aérien, c'est spectaculaire, mais est-ce que ça fait le travail? Il faut que la hauteur soit considérable. C'est pas évident», a martelé M. Labeaume. 
Et il y a le service rapide par bus (SRB), prévu pour circuler sur cette artère de Sainte-Foy. «Il faut qu'on s'agence avec les travaux du SRB qui s'en viennent», a précisé M. Labeaume selon qui «tout le monde accepte de contribuer financièrement à la solution».
Pour l'instant, des modèles sont toujours à l'étude. «J'ai un inventaire de ce qui se fait dans le monde. Des passages aériens surtout. Si c'est aérien, il faut que ce soit beau. Ç'a l'air de rien, mais c'est l'entrée de Québec.»
Mobilité réduite
Au CHU de Québec, la porte-parole Geneviève Dupuis confirme que l'établissement est «partie prenante des discussions», même si l'artère est avant tout de juridiction municipale. 
Mais de son côté aussi, on sent que trouver une solution ne se fera pas en claquant des doigts.
«Notre clientèle a des besoins particuliers», a-t-elle noté en entrevue au Soleil, à propos des gens qui stationnent chez Laurier au lieu de garer leur voiture au centre hospitalier. «Il y a des personnes à mobilité réduite ou des familles avec des poussettes.» 
Difficile alors d'imaginer une passerelle avec des marches. «Il faudrait un zigzag pour pouvoir s'y rendre», a-t-elle illustré, en soulignant que les clientèles tant du centre commercial Laurier Québec que du CHUL ont «des besoins communs et différents». 
«Il n'y a pas de solution miracle», a résumé Mme Dupuis.
Du côté de Laurier Québec, on promet aussi de travailler à une solution. 
«La sécurité des visiteurs et des employés de Laurier Québec et Place Ste-Foy est notre plus grande priorité», a assuré le président d'Ivanhoé Cambridge Centres Commerciaux, Claude Sirois dans un courriel au Soleil. «En ce sens, nous continuerons d'appuyer les efforts de la Ville de Québec et de travailler avec l'ensemble des parties prenantes à sécuriser davantage cet espace public très achalandé.»
Statistiquement peu dangereuse 
«Statistiquement», a précisé le maire Régis Labeaume mercredi, cette intersection n'est pas réputée plus dangereuse que d'autres. Mais dans le contexte bouleversant de la mort de cette jeune mère dont l'enfant a survécu, on «devait faire quelque chose», a-t-il dit.
«On a l'impression qu'il faut poser un geste comme ça. Ne serait-ce que par respect pour la madame et son enfant, il faut faire quelque chose.»
Mardi, l'automobiliste Jonathan Falardeau-Laroche, 22 ans, qui a happé Marie-Pier Gagné a formellement été accusé de négligence criminelle ayant causé la mort et des lésions.