Trop tard pour sauver le Centre Jean-Marie-Roy, selon Juneau

Même si Action Patrimoine et le Groupe de travail pour la documentation et la conservation des bâtiments du mouvement moderne s’opposent à la démolition du Centre Jean-Marie-Roy, le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, estime qu’il est trop tard pour le sauver du pic des démolisseurs.

Les représentantes des deux organismes, Émilie Vézina-Doré et France Vanlaethem, ont fait parvenir une lettre au conseil municipal de Saint-Augustin pour demander la réalisation d’une étude patrimoniale avant d’engager la démolition de l’ancien Collège Saint-Augustin, devenu le Centre Jean-Marie-Roy. Elles invoquent entre autres l’intérêt architectural et patrimonial du centre et le fait qu’il soit l’oeuvre d’un des architectes les plus importants du mouvement moderne au Québec qui lui a ultimement laissé son nom.

Pour le maire Juneau, il est cependant beaucoup trop tard pour sauver le centre, qui nécessiterait des investissements de 25 millions $ pour le maintenir en place selon une étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton. «En 2009, quand la Ville l’a acheté, l’ancien conseil aurait pu le sauver, mais, maintenant, il est trop tard. Dans l’état où il est rendu, il faudrait ôter les panneaux de béton qui forment les murs, la toiture sans parler de l’amiante dans les murs. Il ne resterait que le squelette en acier. On ne peut pas sauver un squelette en acier! Il est fini, ce bâtiment!» justifie-t-il en entrevue avec Le Soleil.

Trop cher

«L’erreur n’est pas de le démolir, l’erreur a été de l’acheter et de ne pas l’entretenir. Maintenant, il faudrait mettre 25 millions $ pour le rénover, et ça, c’est s’il n’est pas déclaré patrimonial. S’il était considéré comme un bâtiment patrimonial, les coûts doubleraient. Alors il n’est pas question pour nous de demander une étude patrimoniale», poursuit M. Juneau, rappelant la situation financière difficile de sa Ville, qui traîne une dette de 104 millions $ et a dû augmenter à plusieurs reprises le compte de taxes des citoyens.

«J’en conviens qu’il y a des considérations patrimoniales dans le dossier du Centre Jean-Marie-Roy, mais l’ancien conseil avait autorisé la démolition de l’ensemble de bâtiments qui l’entourait, aussi dessiné par l’architecte Jean-Marie Roy. Moi, j’ai une dette de 104 millions $. Je n’irai pas mettre 25 millions $ sur une bâtisse, ce qui ferait passer le service de la dette de 11 à 13 millions $ par année et m’imposerait d’augmenter les taxes encore de 4 %. Ça ne tient pas debout, ça n’a pas de sens! À un moment donné, il faut arrêter de rêver!» martèle-t-il.

Le maire ajoute aussi que l’oeuvre de Jean-Marie Roy ne se limite pas à l’ancien collège. «Il a aussi fait le Campus Notre-Dame-de-Foy, qui est bien préservé. Et je me demande où ils étaient en 2009, ces organismes et les architectes qui déchirent leurs chemises à cause de la démolition, quand le conseil a acheté le bâtiment?» conclut-il.