Troisième lien: Lehouillier s'en prend aux «calculs réducteurs» d'un économiste

«Faut pas croire au développement de sa région pour dire des choses comme ça», a lancé le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, à l'économiste Jean-Pierre Lessard, alors que celui-ci s'interrogeait sur le coût d'un troisième lien routier entre les deux rives.
En conférence sur le thème du transport urbain au deuxième Colloque Réseau Immobilier, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a interrompu un des conférenciers qui l'accompagnaient sur scène pour s'en prendre à ses «calculs réducteurs» et à son «manque d'objectivité». 
«Mes enfants, ils en veulent tout le temps, des jelly beans. Mais si je leur demande de payer pour, ils n'en veulent plus», a illustré Jean-Pierre Lessard, économiste chez Aviseo Conseil, en faisant référence au projet de troisième lien.
M. Lessard a ensuite demandé aux sondeurs et aux décideurs de poser des questions cohérentes à la population. Par exemple, si les gens sont prêts à payer 16 $ par voiture ou 64 $ par camion pour un passage dans un tunnel sous-fluvial entre Québec et Lévis.
Ou si les citoyens sont prêts à subir une augmentation des taxes foncières de 20 % pendant 25 ans. «C'est l'équivalent d'un amphithéâtre de Québec à chaque année», a averti M. Lessard.
C'est à ce moment que M. Lehouillier est sorti de sa réserve pour dire que ces calculs étaient «réducteurs, c'est pas possible». Il a ensuite ajouté : «Moi, je vais travailler fort pour un troisième lien», avant d'être applaudi par l'assistance, composée majoritairement de développeurs immobiliers. 
Aux journalistes après la conférence, le maire Lehouillier a précisé qu'il ne croit pas que les opposants au projet de troisième lien sont nécessairement contre le développement de la région. Il veut toutefois que l'on s'abstienne de prendre des exemples «qui ne tiennent pas la route». «Faisons attention avant d'utiliser des statistiques réductrices. Il faut vraiment avoir une vision d'ensemble des choses», a-t-il indiqué.
Le maire Lehouillier a rappelé que le professeur Bruno Massicotte, qui est derrière l'étude de faisabilité d'un tunnel sous-fluvial de 4 milliards $, a indiqué publiquement qu'il fallait que d'autres scénarios plus économiques soient étudiés. Et qu'il avait eu l'assurance du ministre des Transports, Laurent Lessard, que tous les scénarios seraient étudiés en profondeur. «Si on arrive avec un scénario de 2 milliards $, on vient de changer la donne», lance M. Lehouillier. 
En conférence, le maire a exhorté les gens à croire en la possibilité que ce projet se réalise d'ici 15 à 20 ans. «Moi, je pense que l'avenir économique de la grande région de Québec et de tout l'Est-du-Québec passe par un nouveau lien entre les deux rives. C'est un incontournable.»
Le troisième participant à ce dîner-conférence qui se tenait à l'Université Laval, l'évaluateur-conseil Steve Gilbert, a plaidé pour que le gouvernement ne prenne pas de décision prématurée dans ce dossier. Selon lui, les habitudes de vie des gens et la technologie auront «une influence énorme» au cours des prochaines années. Il cite à ce propos les horaires variables de travail et d'études, qui commencent à s'implanter, le covoiturage populaire chez les jeunes et le développement de la voiture intelligente (sans pilote).