Selon le ministre des Transports, François Bonnardel, il y aura «toujours» de nouvelles routes au Québec.

Troisième lien: du «développement durable», selon Charette

Le troisième lien routier entre Québec et Lévis relève du développement durable, affirme le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Il a fait ce commentaire alors qu’il était interpellé sur la question des changements climatiques en mêlée de presse, mercredi. Le troisième lien favorisera le développement économique qui, à son tour, permettra de lutter contre les changements climatiques, estime-t-il.

«Sans ce développement économique-là, on se prive d’outils, a-t-il déclaré. Ceux qui veulent empêcher toute forme de développement, que ce soit à travers le troisième lien ou à travers d’autres entreprises, nous privent littéralement de moyens.

«Si on veut [...] s’attaquer à la problématique des changements climatiques, [ça prend] des revenus. Moi, je ne suis pas Québec solidaire, je ne pense pas qu’on puisse imprimer de l’argent», a-t-il ajouté.

«Écoblanchiment»

Construire un troisième lien dans la région de Québec — un tunnel d’une dizaine de kilomètres, en l’occurrence — est une promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui coûtera au bas mot 4 milliards $ aux contribuables. Aucune étude n’a prouvé à ce jour sa nécessité.

Il doit passer près d’une zone importante pour le bar rayé, un poisson qui est en voie de disparition dans le fleuve Saint-Laurent, a rapporté La Presse plus tôt en septembre.

Mercredi, le ministre Charette a souligné que des citoyens et plusieurs groupes, tels que la Chambre de commerce de Lévis, demandent la construction d’un troisième lien.

Ce sera en outre l’occasion d’y développer une infrastructure de transport collectif. «Demandez à tous les acteurs économiques de l’Est-du-Québec, ils vont vous dire que c’est un élément indispensable pour leur développement économique», a-t-il martelé.

Il y aura «toujours» de nouvelles routes au Québec, a pour sa part affirmé le ministre des Transports, François Bonnardel.

«Pour faire rouler des autos électriques, ça va prendre des routes», est également intervenu le premier ministre François Legault, défendant le troisième lien. 

En Chambre, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, a qualifié ce raisonnement d’«écoblanchiment». Elle a soutenu que le troisième lien est un projet «pas pantoute écologique» que tu «peintures en vert».

«Dans le cas du troisième lien, cette couche-là de vert va nous coûter plusieurs milliards de dollars», a-t-elle dénoncé.

L’urgence climatique reconnue

M. Charette accuse QS d’essayer de se faire du «capital politique» avec la question du climat. Il a toutefois appuyé une motion du parti décrétant l’urgence climatique.

La motion, qui a été adoptée à l’unanimité, se résume ainsi : «Que l’Assemblée nationale déclare à son tour l’urgence climatique et qu’elle demande au gouvernement du Québec d’harmoniser l’ensemble de ses choix politiques avec cette situation de crise en prenant tous les moyens nécessaires afin de réduire rapidement et drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.»

Par ailleurs, le ministre Charette a durement critiqué le porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, pour qui la CAQ est un gouvernement de climatosceptiques.

«M. Champagne, il est de celles et ceux qui aiment alerter la population. Je ne suis pas certain qu’il maîtrise tous les dossiers environnementaux», a-t-il déclaré.

«Il sait très bien que l’ensemble des groupes environnementaux collabore actuellement à l’élaboration de notre plan [pour réduire les gaz à effet de serre], et qu’ils sont satisfaits de cette collaboration.

«Nous traiter de climatosceptiques, c’est nier volontairement ou involontairement toutes les démarches qui sont faites notamment conjointement avec le milieu environnemental», a-t-il renchéri.