Trois mois pour établir l'avenir du Concorde

L'administration Labeaume se donne encore trois mois pour répondre à la demande de conversion du Concorde en résidence pour personnes âgées. La Ville de Québec a fait savoir au propriétaire des Résidences Soleil, Eddy Savoie, qu'elle compte lancer une étude d'impact sur la fin de la vocation hôtelière de l'édifice emblématique.
La vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux, a indiqué que la Ville de Québec n'est «pas à l'aise» de fournir une réponse à Eddy Savoie sans avoir «approfondi» les impacts économiques de la conversion de l'hôtel fermé depuis un peu plus d'une semaine.
Les fonctionnaires de la Ville ont conseillé aux élus de mandater un «expert indépendant» pour mener une étude d'impacts, a précisé Julie Lemieux.
«Eux ne sont pas à l'aise à se prononcer présentement, parce que les enjeux dépassent largement l'urbanisme et l'architecture. On parle d'économie de la ville, de l'offre touristique. C'est pour ça qu'il faut aller chercher des expertises différentes», a fait valoir la conseillère responsable de l'aménagement du territoire.
En décembre, le maire Régis Labeaume avait pourtant admis «banaliser» la fermeture du Concorde, alors qu'Eddy Savoie venait de démontrer de l'intérêt à transformer l'hôtel en résidence pour personnes âgées.
«Ça ne remet absolument pas en question ce qu'on est comme destination touristique. Je vais banaliser un peu. Entre vous et moi, que Le Concorde ferme, avec le nombre d'auberges qui ont ouvert à Québec, il n'y a pas de problème. Il n'y a aucun problème. Moi, je m'excuse, mais je le vois exactement comme ça et ça ne me dérange pas du tout», avait exprimé Régis Labeaume.
Son bras droit, Julie Lemieux, a nié vendredi que l'étude d'impact avait pour but d'acheter du temps pour attirer d'autres potentiels acquéreurs. «Ça n'empêchera pas les discussions, mais c'est pas pour gagner du temps qu'on fait ça, c'est pour répondre de façon professionnelle et documentée à la demande de changement d'usage de M. Savoie», a-t-elle assuré.
Eddy Savoie n'a pas caché sa déception, vendredi, lorsque joint par Le Soleil. «Ils vont regarder ce qu'ils savent déjà», a-t-il laissé tomber.
«C'est sûr que ça serait mieux que l'hôtel reste là. Mais s'ils n'ont pas de preneur, ça change pas grand-chose qu'ils ajoutent [une étude] dans leur dossier», croit-il.
En même temps, M. Savoie est «convaincu» que le maire Labeaume «a pris une décision éclairée». «Il doit savoir ce qu'il fait, c'est quand même des personnes de grande expérience [à la Ville de Québec]», ajoute-t-il.
Le président du Groupe Savoie dit n'avoir «aucune idée» de ce qu'il adviendra de son entente de principe avec la chaîne hôtelière Loews, qu'il a déjà renouvelée jusqu'au 28 février. «C'est une compagnie à la bourse. Qu'est-ce que le conseil d'administration va dire? On espère qu'on va avoir une oreille attentive», avance-t-il.
Julie Lemieux a refusé de céder à la panique, vendredi. «Je pense pas qu'en quelques mois, la situation du Concorde va être si dramatique que ça», a-t-elle estimé. «C'est tellement une décision importante, vous avez vu toutes les voix s'élever, avec la ministre Agnès Maltais et le ministre [du Tourisme] Pascal Bérubé. Je pense que c'est important d'approfondir la question», a-t-elle conclu.