Deux des trois terrains visés sont situés au 210 et au 220, rue Lee. L’impatience de la Ville de Québec est nourrie par l’approche de la date butoir pour obtenir les subsides gouvernementaux promis afin de financer le lessivage des terres polluées comme celles de la Pointe-aux-Lièvres.

Trois immeubles menacés d’expropriation dans l'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres

La Ville de Québec menace d’expropriation trois propriétaires de bâtisses industrielles du secteur de la Pointe-aux-Lièvres afin de poursuivre l’expansion de son écoquartier.

Il semble que le temps presse pour la réalisation de la phase III du projet immobilier. Et que les discussions avec ces proprios ne sont pas fructueuses.

La mairie hausse donc le ton et judiciarise les négociations. La conseillère en communication Audrey Perreault nous explique que cette impatience est nourrie par l’approche de la date butoir pour obtenir les subsides gouvernementaux promis afin de financer le lessivage des terres polluées. Car toutes les propriétés acquises dans ce quartier sont vouées à la destruction, pour que poussent des habitations au goût du jour une fois le ménage terminé. 

«Considérant les délais inhérents à la décontamination des sols en lien avec le programme de subvention du ministère des Affaires municipales […] dont l’échéance est fixée au 31 décembre 2021, la Ville [autorise] le Service des affaires juridiques à enclencher les démarches d’acquisition de gré à gré ou par expropriation de trois immeubles», nous écrit Mme Perreault. «Les négociations pourront se poursuivre en parallèle des procédures légales en vue d’obtenir une entente».

De quels immeubles est-il question? D’abord le 210, rue Lee, évalué à 780 000 $ par la cité. Il y a également le voisin, le 220, rue Lee, estimé quant à lui à 456 000 $.

Il y a finalement le vaste lot allant du 60, rue de la Pointe-aux-Lièvres au 225 à 295, rue Lee. Le terrain et les trois bâtiments qui y ont poussé vaudraient minimalement 2240 000 $.

Les propriétés visées logent 22 locaux commerciaux, selon les données compilées par la Ville.

Grosses dépenses

L’administration municipale est prête à décaisser gros pour revitaliser la Pointe-aux-Lièvres. Nous relevions récemment qu’elle a acquis, toujours dans le cadre de la phase III du projet, la bâtisse de Freins Alco pour 2,5 millions $ plus taxes. Ses évaluateurs la jaugeaient à 1,165 million $.

En janvier, la Ville de Québec avait décaissé 1750 000 $ pour un autre immeuble, le 54 de la rue de la Pointe-aux-Lièvres, dont la valeur était fixée à 500 000 $ au rôle municipal. Comme les autres, il sera détruit et son sol devra être décontaminé aux frais des contribuables. 

Le projet d’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres progresse lentement, mais sûrement. «La première phase arrive à son terme, laquelle a permis la revitalisation du secteur avec 204 unités résidentielles construites à ce jour», souligne la Ville dans un document publié jeudi. «L’aménagement des rues et la vente d’un quatrième terrain se sont concrétisés en 2017. Un seul terrain municipal réhabilité est actuellement à vendre pour compléter la phase I. Les premiers terrains de la phase II seront mis en vente incessamment.»