L'événement Food Truck, au marché public de Lévis, le 15 mai dernier

Trois camions de cuisine de rue en permanence à Lévis

À compter de juin et pour toute la saison estivale, la Ville de Lévis autorisera la présence de trois camions de cuisine de rue sur son territoire. Deux s'installeront au quai Paquet, près de la traverse de Lévis, et un autre au parc Saint-Laurent. Des «balises claires» veilleront à réglementer ces commerces éphémères, insiste le maire Gilles Lehouillier, «dans le respect des restaurateurs déjà établis».
En conférence de presse mercredi, à l'hôtel de ville de Lévis, M. Lehouillier s'est dit fier d'avoir réussi à trouver «un juste équilibre» entre l'intérêt grandissant de la population pour la cuisine de rue et la défense des intérêts des commerçants locaux, préoccupés par cette nouvelle concurrence. «Il faut que les food trucks soient un élément complémentaire à la restauration, et non l'inverse.»
Les propriétaires de camions de rue intéressés à s'installer sur les deux sites publics de la Ville seront encadrés par bail. Huit certificats pourront être délivrés à partir d'un appel de propositions comportant des critères de sélection. Ainsi les propriétaires de camions qui voudront s'installer sur les deux terrains devront obligatoirement détenir une place d'affaires à Lévis. «Il ne faudra pas, insiste le maire, que le style de produits offerts soit le même» que celui des restaurants du secteur.
La rotation des camions retenus s'effectuera selon un calendrier géré par la municipalité. Lors du dépôt de leur candidature, les propriétaires pourront indiquer les emplacements et les semaines souhaités.
Le quai Paquet et le parc Saint-Laurent (l'Anse-Tibbits) ont été retenus en raison de l'important achalandage en période estivale. «Ça prend une masse critique pour faire rouler un food truck, explique M. Lehouillier. C'est un gros investissement qui peut aller jusqu'à 150 000 $. Il faut que tu le rentabilises.»
En ce qui concerne les festivals, la provenance des camions de cuisine de rue ne sera pas soumise à la réglementation lévisienne. Ce sera ouvert à tous les intéressés, même à ceux de l'extérieur. En revanche, la Ville louera un espace pour une limite de deux festivals, avec un maximum de 10 jours consécutifs.
La présence de camions sera également autorisée lors d'événements privés organisés par des particuliers et des entreprises.
Amalgame
L'ouverture de Lévis au phénomène de la cuisine de rue survient deux mois après l'instauration d'un projet pilote par la Ville de Québec, pour les deux prochaines années, qui prévoit que les camions-restaurants seront limités à 15 dans une dizaine d'emplacements éloignés du Vieux-Québec et des artères commerciales.
Le projet lévisien, sans être «identique à 100 % à celui de Québec», représente «un amalgame de tout ce qui existe en [matière de] réglementation au Québec», insiste M. Lehouillier. «On est allés chercher les meilleures pratiques. On est allés à la limite de ce qu'on pouvait faire au niveau légal», ajoute Julie Tremblay, conseillère en urbanisme. 
Trois soirées de consultation se tiendront au cours des deux prochains mois afin de sonder le pouls de la population et des commerçants. «On va faire le point et on n'hésitera pas, au besoin, à s'ajuster», termine M. Lehouillier.
Les propriétaires de camions-restaurants intéressés à s'installer sur les deux sites publics de la Ville de Lévis seront encadrés par bail. Huit certificats pourront être délivrés à partir d'un appel de propositions comportant des critères de sélection, dont obligatoirement détenir une place d'affaires à Lévis.
Propriétaire d'un camion de cuisine de rue et du restaurant Le Barbacoa, Jason Savage voit d'«un bon oeil» la nouvelle réglementation de la Ville de Lévis, même s'il dit «appréhender» la compétition qui s'installera l'été prochain, dans le secteur du quai Paquet, lors «du seul moment de l'année» où l'achalandage permet «de faire des sous».
«En même temps, poursuit-il, je suis forcé de réaliser que ça s'inscrit dans une stratégie pour dynamiser le secteur [...]. Je suis quelqu'un qui croit dans la loi du marché.»
L'été dernier, son camion a tenu commerce pendant une vingtaine de jours, près de la fontaine, dans le cadre d'un projet pilote de la Ville. «J'ai eu la chance de profiter de la médiatisation [des camions de rue]. J'ai fait un chiffre d'affaires correct, mais ç'a été surtout profitable pour me donner de la visibilité et me permettre de faire du marketing.»
M. Savage compte tenter sa chance pour faire partie de la liste des huit propriétaires de camion-restaurant qui auront l'autorisation de s'installer dans le secteur du quai Paquet, suivant une rotation établie par la Ville. Le restaurateur devra toutefois jongler avec un calendrier estival déjà bien garni. «Je préconise une présence dans les événements à grand déploiement, comme Festivent. La moitié de mes fins de semaine est déjà réservée jusqu'en octobre.»