Lundi, Jimmy Pelletier faisait un dernier arrêt à Québec, avant de repartir pour la dernière portion de route vers Halifax.

Traversée du Canada par Jimmy Pelletier: arrêt émotif à Québec

Jimmy Pelletier effectue une traversée du Canada en vélo à main afin de ramasser des fonds pour les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme ou un handicap. Il répand de la motivation et de la persévérance dans chaque province qu’il traverse. Lundi, il faisait un dernier arrêt tant attendu à Québec, avant de repartir pour la dernière portion de route vers Halifax.

«Traverser le Canada, c’était le rêve de ma blonde. Je lui ai dit que j’allais l’organiser et qu’on allait ramasser les sous en même temps. Ce sont des causes que je soutiens depuis cinq ans. Ça me touche directement, moi aussi je suis en fauteuil roulant. C’est important pour moi de redonner au suivant. C’est le fun de transporter cette cause-là à travers le Canada», soutient M. Pelletier.

Par l’organisation de plusieurs activités sportives, Jimmy Pelletier amasse des fonds pour les causes qui lui tiennent à cœur depuis plusieurs années déjà. Ce grand défi n’est qu’une nouvelle idée, plus grande, qui prouve que l’athlète paralympique ne cesse de pousser ses limites. L’aventure durera 67 jours, avec 7200 kilomètres à parcourir. 

L’athlète souhaite amasser un demi-million de dollars avec sa traversée, et plus la ligne d’arrivée approche, plus les dollars s’additionnent. M. Pelletier compte bien crier mission accomplie à Halifax.

D’ailleurs, depuis les cinq derniers jours, M. Pelletier est accompagné des 80 cyclistes de la Randonnée Jimmy Pelletier, qui en est à sa cinquième édition. Le peloton s’était retrouvé à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Vers 14h30 lundi, le groupe a passé les portes du Patro Roc-Amadour sous de multiples applaudissements. 

«Ça nous a donné un gros boost pour finir. On a fait le plein d’énergie. Quand on arrive ici avec nos proches et on entre dans notre ville, c’est incroyable. Je n’ai pas de mot. C’est spécial», exprime l’athlète paralympique, visiblement ému.

Il embarquera de nouveau sur son vélo mercredi, pour parcourir les 1300 kilomètres restants. Les profits de la Randonnée s’élèvent à 125 000 $.

«Traverser le Canada, c’est énorme. Il faut que tu le vives pour savoir ce que c’est. C’est sûr que c’est difficile, mais ça va bien».

Un exemple

Les partenaires, amis et famille de Jimmy Pelletier souhaitent lui redonner tout l’amour qu’il offre autour de lui depuis toutes ces années. Plusieurs de ses acolytes dans le défi ont pris la parole et l’ont qualifié de source de persévérance, d’homme exceptionnel et l’ont comparé à nul autre que Terry Fox.

«On voulait que tu aies un moment d’amour, et que tu reçoives ça ici», a exprimé Clément Lemieux, président de Patro Roc-Amadour, un centre communautaire qui favorise le développement intégral de la personne. M. Lemieux accompagnera son ami jusqu’à Halifax. 

«Jimmy, c’est un homme de cœur. Il fait les choses de façon sincère. Il n’a pas besoin de parler, par l’action il est un exemple. J’en suis témoin. Il y a de la distance encore à parcourir, mais on se sent prêts. Une portion importante de ce qu’on fait va aider le Patro a offrir les services auprès des gens avec un trouble de l’autisme ou un handicap. C’est facile quand on pense à ça»

L’autre portion des fonds ira à Adaptavie, qui améliore la santé et le bien-être des personnes avec des limitations fonctionnelles.

Jimmy Pelletier est paraplégique depuis un accident automobile survenu en 1996. Il a fait partie de l’équipe canadienne de ski de fond en luge et de vélo à main, a participé aux Jeux paralympiques de Turin 2006 en ski de fond. L’an dernier, il est devenu le deuxième homme au monde à atteindre le sommet du Kilimandjaro en vélo à main.

Partage

En plus de remettre de gros montants d’argent au Patro Roc-Amadour et à Adaptavie, M. Pelletier et son équipe remettent un chèque dans chaque province du Canada, pour que les causes soient soutenues partout. 

«Je fais aussi une conférence dans chaque école francophone de chaque province. Des fois, j’arrivais du vélo et j’entrais tout de suite dans le gymnase, il y avait 400 jeunes qui m’attendaient. Oui, on redonne et on ramasse de l’argent, mais il y a aussi un message à travers ça, il faut montrer qu’il ne faut jamais lâcher», a partagé M. Pelletier, très fier de cette partie d’héritage qui laisse derrière lui.