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Marc des Rivière, directeur du Service du transport et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec.
Marc des Rivière, directeur du Service du transport et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec.

Travaux du pont Pierre-Laporte: Québec et Lévis se préparent au pire

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Sur les deux rives, les autorités municipales anticipent avec beaucoup d’appréhensions les impacts des travaux du pont Pierre-Laporte sur la capacité de réponse des services d’urgence et sur la prestation de services municipaux aussi essentiels que l’eau potable. La situation sera particulièrement critique dans le secteur du plateau de Sainte-Foy.

Faut-il l’écrire en lettres majuscules ? Évitez de traverser le fleuve pendant les travaux intensifs du pont Pierre-Laporte, 24 heures sur 24, du 27 juin au 7 juillet et du 8 au 18 août. Il n’y aura qu’une voie de circulation accessible par direction. Bonjour les bouchons.

À Québec comme à Lévis, lors de deux conférences de presse successives tenues vendredi, le mot d’ordre était de tout faire pour faciliter la circulation des véhicules d’urgence : ambulance, police et pompiers, sur l’ensemble du territoire. 

Sur la Rive-Sud, le maire Gilles Lehouillier anticipe des files automobiles jusqu’au boulevard Kennedy alors que ça refoule habituellement jusqu’au chemin des Îles, dit-il. C’est plus que l’évaluation du ministère des Transports.

À Québec, le secteur du plateau de Sainte-Foy entre en zone rouge en raison des débordements prévus à la sortie des ponts et de la présence de services essentiels à la sécurité des personnes. «Il y a deux hôpitaux [CHUL et Laval], un poste de police et une caserne de pompier [route de l’Église]», explique Marc des Rivières, du service des Transports.

Corridors exclusifs

Dans ce contexte, la Ville créera des corridors de circulation exclusifs aux services d’urgence et autobus, notamment sur le boulevard Laurier, le chemin des Quatres-Bourgeois, la route de l’Église et le boulevard Robert-Bourassa, pour joindre le secteur nord de la Ville. «La police surveillera le respect de ces corridors», souligne le maire Régis Labeaume. La Sûreté du Québec agira conjointement avec le service de police municipal.

Une autre zone rouge identifiée est celle du secteur de la traverse Québec-Lévis. Ici, le singulier est approprié puisqu’il y aura exceptionnellement un seul traversier tout l’été. Des voies seront réservées pour l’équivalent de 150 automobiles qui désirent monter à bord, soit trois fois la capacité d’embarquement.

À Lévis, le boulevard Guillaume-Couture et la route des Rivières auront leur voie réservée aux autobus et véhicules d’urgence pour les mêmes raisons d’accessibilité au territoire.

Éviter les ruptures

Les deux villes encouragent le télétravail de ses employés et modifient l’horaire de leur collecte des ordures et des matières recyclables. Les citoyens sont encouragés à déposer leurs bacs et leurs sacs en bordure de rue la veille de la collecte qui débutera aussi tôt que 5h. Elle pourrait se poursuivre en soirée à Lévis. 

Québec modifie même ses quarts de travail pour alléger le trafic du matin et hébergera à ses frais près des usines de traitement les employés responsables de l’eau potable.

«C’est des entraves costaudes, très costaudes», lance le maire de Québec, qui reprend ainsi les propos tenus jeudi par le ministre des Transports, François Bonnardel. Pour M. Labeaume comme le maire Lehouillier, l’important est d’éviter toute «rupture de service».

Les deux villes confirment l’ajout d’effectif pour répondre à la situation exceptionnelle. À Lévis, une trentaine de policiers supplémentaires seront déployés. Les deux services des incendies sont aussi au travail pour localiser des équipes d’urgence sur le territoire, afin de répondre à toute alarme dans des délais raisonnables. «Le temps, c’est un élément clé. L’ajout d’effectif devient nécessaire», lance M. Lehouillier.

D’autres mesures sont mises en place comme l’allongement sans frais des heures de disponibilité des moniteurs de camps de jour pour les parents coincés dans le trafic. Les deux sociétés de transport adapteront aussi leur offre.

Des millions $ en facture

Québec a déjà évalué une partie seulement de ses dépenses à 1,8 million $. À Lévis, M. Lehouillier soutient que la somme pourrait atteindre 5 millions $. Le maire Labeaume a déjà parlé au ministre Bonnardel qui pourrait absorber la facture soumise, du moins en partie.

«Il pourrait y avoir des conséquences économiques pour certains commerces qui craignent que les employés ne puissent se rendre au travail, souligne le maire de Lévis. Nous recommandons de prendre le transport en commun avec les tarifs réduits et de favoriser le covoiturage», lance-t-il.

Avant eux, le ministre des Transports avait expliqué que le pont de Québec servirait de lien de circulation entre les deux rives pour tous les services d’urgence, notamment les ambulances qui doivent se rendre dans un des hôpitaux de Québec. Une autre voie d’urgence est prévue sur la voie de desserte utilisée pour les travaux du pont Pierre-Laporte.

Comme il faut vraiment tout prévoir, le maire Labeaume souligne même l’importance de vérifier la jauge d’essence et les ravitaillements à bord des véhicules avant d’emprunter le pont Laporte. «Ce n’est pas le moment de tomber en panne. Ce n’est pas là que vous augmenterez le nombre de vos amis», a-t-il lancé, mi-sérieux.