Transport adapté: guerre de chiffres entre la Ville et la province

Guerre de chiffres, mercredi, entre le ministre québécois des Transports, André Fortin, et le Réseau de transport de la Capitale (RTC) après que le maire Régis Labeaume eut accusé le gouvernement du Québec de vouloir «dumper dans la cour des villes» la responsabilité du transport adapté.

«C’est pas du tout la volonté du gouvernement. C’est pour ça qu’on a augmenté les budgets pour mieux équiper les municipalités à répondre à cette demande tout à fait légitime de la part des usagers», a plaidé M. Fortin dans les couloirs de l’Assemblée nationale, mercredi.

Le ministre a mis de l’avant une augmentation du budget pour le transport adapté de 15% pour la dernière année. En avril, son prédécesseur, Laurent Lessard, avait annoncé une bonification de 6 millions $ de l’enveloppe disponible, qui totalise désormais 95,78 millions $. Cela donne 6,7% d’augmentation.

Vérification faite au cabinet, M. Fortin parlait spécifiquement du cas de la Société de transport adapté de la Capitale (STAC), dont la contribution de base a été rehaussée de 967 071 $, soit exactement 15% de son budget en 2017. C’est le maximum de la bonification accordée aux organismes qui s’occupent du transport adapté.

Hausse d’achalandage

«À cette contribution de base s’ajoutera une allocation supplémentaire pour tenir compte des hausses d’achalandage qui seront constatées à la fin de l’année 2017», nous écrit l’attachée de presse Marie-Pier Richard. Ce surplus ne peut être chiffré pour l’instant, mais il tournait autour de 900 000 $ par les années passées.

Mardi, lors de l’étude du budget du RTC, de qui relève le STAC, le maire de Québec a écorché le gouvernement du Québec qui, selon lui, se désengage du transport adapté. Régis Labeaume a rapporté que la hausse d’achalandage au transport adapté avait entraîné des dépenses supplémentaires de 1,1 million $ en trois ans, lesquelles seraient compensées par une subvention de 34 000 $.

Vérification faite de ce côté aussi, M. Labeaume réfère à la période 2015-2018. Il fait donc fi de l’argent qu’il devrait recevoir et prend pour acquis que le provincial ne déboursera pas davantage.

En entrevue téléphonique, Rémy Normand, président du RTC, affirme que la Ville de Québec se base sur des chiffres réels, sur l’argent reçu ou pas. «Si le ministre a un chèque d’un million $ à nous donner, je suis prêt à aller le chercher sur la base d’un simple appel», a-t-il lancé.

Dossier à suivre.