Valérie Plante et Régis Labeaume au congrès de la Fédération canadienne des municipalités, jeudi, à Québec.

Tramway: Valérie Plante ouverte à céder les 800 M$ [VIDÉO]

La mairesse de Montréal se montre ouverte à négocier pour céder les 800 millions $ manquants pour la réalisation du réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. Cependant, le gouvernement du Québec devra lui faire une offre satisfaisante.

«Ce n’est pas de l’argent qui dort. Il ne faut pas que je perde au change.» Valérie Plante a commenté les tractations en cours en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume, en marge d’un point de presse du congrès de la Fédération canadienne des municipalités qui se tient dans la capitale. 

«C’est un projet absolument nécessaire [pour la Ville de Québec] et le gouvernement doit comprendre […] que ce n’est pas à nous, Régis et moi, de se chicaner pour ça. La balle est dans le camp du gouvernement du Québec. L’argent est dans les enveloppes», a ajouté l’élue de la métropole.

En début de semaine, le premier ministre François Legault invitait Mme Plante à accepter que de l’argent fédéral dédié à sa ville soit transféré dans la capitale. Une importante somme de 800 millions $. 

«Je ne veux pas parler des points de négociation. Comme je suis une joueuse d’équipe, si on trouve une solution qui ne fait pas perdre Montréal et avantage Québec, on va l’envisager», a renchéri la mairesse.

«Le canal Montreal-Québec est ouvert. La solidarité municipale est plus importante que tout, a précisé le maire Labeaume. Il ne faut pas que personne ne bénéficie politiquement d’une petite chicane Montréal-Québec. Et si j’étais dans les souliers de Valérie, je ferais la même chose.»

Sur le ton de la blague, le maire a avoué devoir demeurer sur la ligne de côté en espérant une entente rapide. «Je suis comme un élément neutre. C’est rare que ça m’arrive. C’est entre les mains du gouvernement du Québec et c’est à eux de faire un bon deal.»

Le ministre de l’Infrastructure du Canada, François-Philippe Champagne, était aussi de la rencontre de presse. «Tout le monde constate qu’il y a suffisamment d’argent pour réaliser les projets de transport en commun. Les projets sont à différentes phases. Si on les met dans la bonne séquence, on est capable de tout faire ça», a-t-il maintenu une fois de plus.

Ping-pong politique

Depuis des mois, les deux paliers de gouvernement sont dans une impasse. Le fédéral maintient que le 1,2 milliard $ annoncé pour le projet de tramway de Québec peut être pigé dans différentes enveloppes budgétaires accordées à la province de Québec et gérées par le gouvernement provincial.

De son côté, le gouvernement Legault critique l’entente fédérale-provinciale en vigueur sur le financement du transport en commun. Elle favorise les villes qui comptent déjà sur des systèmes de transport en commun développés, comme Montréal, puisque l’argent est distribué selon l’achalandage. La métropole accapare ainsi la majeure partie des 5,2 milliards $, laissant 412 millions $ à Québec et des miettes aux autres villes. 

Du même souffle, le provincial prétend que les sommes disponibles dans les autres enveloppes sont déjà investis dans d’autres projets.