Le chef de Québec 21 Jean-François Gosselin, entouré des conseillers Patrick Paquet et Stevens Melançon, à l'hôtel de ville de Québec, mardi

Tramway: Québec 21 demande à la CAQ de respecter sa propre directive [VIDÉO]

L’opposition officielle à l’hôtel de ville allègue que le gouvernement du Québec ne respecte pas ses propres directives sur la gestion des projets majeurs, en donnant son aval au projet de tramway de la Ville de Québec.

Après avoir accusé depuis plusieurs mois l’administration Labeaume de présenter un projet structurant de transport en commun sans étude de besoins ni pouvoir justifier le choix d’un tramway, voilà que Jean-François Gosselin interpelle le gouvernement Legault. 

Le chef de Québec 21 soutient que le projet de 3 milliards $ ne répond pas aux exigences gouvernementales, même s’il a été accepté par l’ancien gouvernement libéral, puis repris par l’actuel gouvernement caquiste. 

Selon lui, le dossier d’opportunité remis par la Ville de Québec ne contient pas «d’études de besoins, la détermination et l’évaluation des options possibles pour répondre à long terme aux besoins exprimés et le choix et la justification de la meilleure option à long terme». Des éléments tirés de la Directive sur la gestion des projets majeurs d’infrastructure publique.

«Est-ce que de telles informations existent dans le projet de tramway de Régis Labeaume? La réponse est "non", clame-t-il. Lorsqu’on regarde la directive du gouvernement du Québec, ce n’est pas suivi. Comment les gouvernements peuvent-ils faire les bons choix s’ils n’ont pas toute l’information? C’est totalement illogique, quand on gère de l’argent public», poursuit M. Gosselin.

Celui-ci interpelle directement le ministre des Transports, François Bonnardel, et celui du Trésor, Christian Dubé. «Je leur demande de nous confirmer qu’il n’y aura aucun passe-droit pour le projet et qu’il sera soumis dans son entièreté aux exigences de la directive», a-t-il conclu.

Au bureau du ministre Bonnardel, on assure que tout se fait dans les normes. «Le projet va cheminer toujours en conformité avec les règles du Trésor», comme c’est actuellement le cas, avance son attachée de presse, Sarah Bigras.

Trois fois plus

D’autre part, M. Gosselin questionne les chiffres avancés par l’administration Labeaume sur le nombre de véhicules en moins qui circuleraient avec l’arrivée du tramway. À l’annonce du projet au printemps 2018, la Ville évoquait 12 600 véhicules. En début d’année, ce nombre est passé à 34 571 véhicules, triplant l’estimation initiale. Sans crier à la manipulation des chiffres, Québec 21 tente de comprendre cet écart important. À cette heure, l’opposition estime n’avoir obtenu aucune réponse satisfaisante. 

Questionné par Le Soleil, le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, confirme que le chiffre de 12 600 véhicules retirés est toujours le bon. «C’est un estimé conservateur, en lien avec la hausse de la part modale souhaitée. On se base notamment sur l’expérience d’autres villes à l’arrivée du tramway», explique-t-il.

Le chiffre relayé de 34 571 véhicules provient d’un «exercice théorique» à des fins environnementales, visant à calculer l’économie de gaz à effet de serre. Mais il n’a jamais été question de 34 571 véhicules retirés, insiste M. Normand. Le chiffre est apparu dans un sommaire décisionnel du mois de janvier. Le conseiller reconnaît qu’il aurait fallu lire «l’équivalent» de 34 571 véhicules pour éviter le quiproquo.

Depuis plusieurs semaines, l’administration Labeaume semble faire obstruction à Québec 21, en évitant de donner des réponses que la presse réussit pourtant à obtenir. Le maire et son équipe reprochent principalement à l’opposition de faire «un show» avec le projet de tramway lors des séances du conseil.