Tramway: plus de questions que de réponses

Damned if you do, damned if you don’t. L’anglais est de mise pour décrire la seconde soirée d’information sur le tramway qui se déroulait jeudi au… Québec High School. En laissant les citoyens avec plus d’interrogations que de réponses, la Ville prête flanc à la critique avec ce type d’exercice qui vise pourtant à rattraper le déficit de communication que les citoyens lui reprochent depuis l’annonce du projet en 2018.

Aucune réponse sur la méthode de déneigement, pas plus de réponses sur la profondeur des stations souterraines pour la partie tunnel du tracé entre le bas de la côte d’Abraham et l’avenue des Érables. Ah oui! Pas davantage sur la technique utilisée pour creuser le fameux tunnel de 2,6 km ni sur la vitesse moyenne du tramway.

Ce sont certaines des questions très techniques, mais pertinentes, posées par les quelque 300 citoyens présents pour assister à la présentation du projet de la portion centre du tracé de 22,8 km de tramway compris entre place D’Youville et le pavillon Lacerte de l’Université Laval. 

On a quand même pu en apprendre un peu plus, comme chaque fois, mais non sans peine. Ainsi, il y aura 12 stations le long du tracé centre. Aussi, le directeur de conception du tramway, Benoit Carrier, a mentionné que la Ville allait acquérir entre 35 et 40 rames de tram. Une rame correspond à un véhicule d’une capacité de 260 passagers.

Après seulement 1h30 de présentation et de questions, une bonne moitié de la salle avait déjà quitté. À 21h30, il restait seulement une soixantaine de citoyens. Étonnant pour un projet de cette envergure. Est-ce le format de la rencontre, la salle peu conviviale, la qualité des questions parfois douteuses ou au contenu davantage politique qu’informatif? Peut-être un peu de tout ça.

Pour l’ex-conseiller municipal Paul Mackey, la Ville esquive les questions et l’absence de réponse démontre son manque de préparation. Au contraire, un citoyen interrogé à sa sortie au milieu de la rencontre considère que «les gens veulent au premier tiers du projet des réponses qu’il est impossible d’obtenir avant le troisième tiers». Comme quoi, les avis sont partagés.

Cases de stationnement

Au final, et contrairement à l’assemblée d’information de mardi pour les résidents du tronçon entre la 76e rue et les Jardins Jean-Paul-L’Allier, plusieurs aspects qui touchent directement le passage du tramway sur le boulevard René-Lévesque sont restés dans l’ombre : bruit, expropriation, impact des travaux sur les commerçants.

Il a fallu attendre tard, en soirée, pour entendre le conseiller Rémy Normand, président du RTC, réitérer la «préoccupation» de son administration sur la disparition de nombreuses cases de stationnement le long de René-Lévesque avec l’insertion du tram. 

«Il faut offrir du stationnement ailleurs, créer des zones de stationnement», un vœu déjà exprimé il y a un an. D’autant plus qu’il s’agit là d’un des impacts importants dans les quartiers traversés, tant pour les résidents que les commerçants.