Plus de 350 personnes ont assisté, mardi soir, à la dernière de trois rencontres d’information sur le projet de tramway, cette fois pour les citoyens du secteur ouest, pour la portion comprise entre l’Université Laval et l’avenue Le Gendre.

Tramway: nouvelles munitions contre le tracé de Marly

Autobus quasiment vides aux heures de pointe, importance de desservir la station Sainte-Foy–McCartney et même… un risque de déraillement. La Ville de Québec a fourbi de nouvelles armes, mardi, pour justifier son choix de tracé derrière les résidences du boulevard Pie-XII plutôt que d’emprunter du Versant-Nord jusqu’au ministère du Revenu, rue de Marly.

Plus de 350 personnes ont assisté, mardi soir, à la dernière de trois rencontres d’information sur le projet de tramway, cette fois pour les citoyens du secteur ouest, pour la portion comprise entre l’Université Laval et l’avenue Le Gendre. Sans surprise, c’est le passage du tram derrière les résidences du boulevard Pie-XII qui a retenu l’attention. 

Les résidants et les travailleurs du siège social de Revenu Québec tentent de convaincre la Ville de faire passer le tracé par les boulevards de Versant-Nord et des Quatre-Bourgeois, jusqu’à de Marly. 

Le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC) et porteur du projet, le conseiller Rémy Normand, avait déjà indiqué que ce détour de 1,3 kilomètre coûterait entre 100 et 120 millions $ supplémentaires, argent actuellement non disponible. De plus, il évoquait notamment un temps de parcours prolongé de quatre à six minutes et le fait qu’on ne pouvait approcher une station à moins de 500 mètres de l’édifice du Revenu.

Mardi, le directeur de conception du tramway, Benoît Carrier, en a rajouté une couche. Il est allé jusqu’à parler de risque de déraillement si le tramway devait emprunter la courbe prononcée, et en pente, du boulevard du Versant-Nord.

Autre point majeur, selon le directeur, le passage du tramway, derrière les résidences de Pie-XII, permet de relier la future station de chemin Sainte-Foy–avenue McCartney, considéré comme un pôle de desserte majeur.

Actuellement, 2000 usagers y prennent chaque jour le transport en commun. De plus, indique-t-il, le noyau Saint-Benoît et Le Campanile comprend 8000 résidants, 1300 emplois et 1500 étudiants.

Comme si ce n’était pas suffisant, le RTC a dévoilé l’achalandage des autobus aux heures de pointe qui se rendent à la station de Marly. Les chiffres démontrent, selon les circuits, que le taux d’occupation des sièges varie d’aussi peu que 3 % à 27 %.

Pour le conseiller Normand, c’est une munition qu’il avait plaisir à rendre publique dans le contexte des pressions exercées par les résidents de Pie-XII et les travailleurs de Revenu Québec pour faire passer le tram à de Marly.

Le tramway dans le secteur Pie-XII à Sainte-Foy

Normand encore irrité

Visiblement, l’élu responsable du dossier est encore irrité de l’intervention du pdg de Revenu Québec dans le dossier. Après avoir dit la semaine dernière qu’il lui accordait peu de crédibilité, M. Normand a qualifié de «feuille de chou» la lettre qu’il lui a fait parvenir, demandant à l’administration municipale de réviser son tracé.

Rémy Normand devrait bientôt faire le bilan des trois soirées d’information. Au début de l’ultime rencontre, il a pris le temps de répondre à la critique des citoyens qui reprochent à la Ville de ne pas fournir toutes les réponses sur le projet.

«L’engagement qu’on avait pris, c’était de rencontrer les citoyens avant la période estivale même si on n’avait pas toutes les réponses. Si tout était décidé, on nous en aurait tenu rigueur.»

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QUATRE POINTS CHAUDS

Le tramway sur le boulevard Laurier

Au terme des trois rencontres d’information, Le Soleil a identifié quatre secteurs de la Ville où la grogne populaire se fait plus entendre contre le projet de tramway.

La 1re Avenue, entre les 18et 4e Rues

L’étroitesse de l’artère oblige l’insertion du tramway sur la voie de circulation du côté est, laissant une seule voie aux automobiles en direction sud. Les résidents et marchands de la 1re Avenue s’inquiètent du fait que la proximité du tramway pourrait rendre difficile l’accès aux commerces et habitations, en plus de devoir céder des portions de terrains et faire une croix sur des dizaines de stationnements.

La 41e Rue, entre les 1re et 4e Avenues

Le conseil de quartier de Lairet s’est mobilisé pour convaincre la Ville de construire le centre d’entretien et d’exploitation secondaire du tramway ailleurs que sur les terrains d’Hydro-Québec, en face des galeries Charlesbourg. Selon les administrateurs du conseil, le choix du site empêche la construction souhaitée d’habitations et l’aménagement d’espaces publics pour revaloriser le quartier. Ils proposent la construction du garage plus à l’ouest sur la 41e Rue, près des bretelles d’autoroutes.

Le boulevard Pie-XII

Le boulevard Pie-XII où les citoyens craignent une perte de qualité de vie avec le passage du tram sous les lignes à haute tension derrière les maisons à 10 mètres de leur ligne de terrain. Le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, a promis des mesures de mitigation comme un mur antibruit, mais estime impossible de modifier le tracé.

La rue de Marly

Le tracé ne passe pourtant pas à cet endroit. Mais quelque 76 % des 3600 travailleurs ont répondu à un sondage mené au cours des derniers jours à la demande du pdg de Revenu Québec, Carl Gauthier. Il révèle que 92,3 % sont en faveur d’un arrêt de tramway près du siège social et que 73,4 % monteraient à bord. Un coup de sonde qui s’ajoute à une pétition de plus de 2000 noms d’employés de Revenu Québec, réclamant le prolongement du tracé jusqu’à de Marly, plutôt que dans l’emprise d’Hydro-Québec.