Les citoyens de Pie-XII ne comprennent pas pourquoi le tramway n’irait pas desservir les 3800 employés de Revenu Québec sur la rue Marly et la grande clientèle des alentours.

Tramway: «Notre combat commence»

Les citoyens du boulevard Pie-XII remettent en question le choix de la Ville de Québec de faire passer le tramway sous la ligne électrique derrière leur résidence. Une décision orientée, selon eux, «par des objectifs politiques et comptables qui ne se préoccupent aucunement des intérêts réels des citoyens».

Le passage du tramway dans l’emprise d’Hydro-Québec à 10 mètres de la ligne des terrains fait craindre une perte de qualité de vie aux résidents du secteur. Ils s’inquiètent de l’impact visuel, du bruit, des vibrations et d’une perte de valeur de leur propriété.

Mardi, le comité de citoyens de Pie-XII a réagi aux explications données la veille par l’administration Labeaume pour confirmer ce tracé parmi les trois à l’étude.

Pour le président du Réseau de transport de la Capitale, le conseiller Rémy Normand, le passage sur les boulevards du Versant-Nord et Quatre-Bourgeois jusqu’à rue de Marly pour desservir Revenu Québec serait trop couteux, de 100 à 120 millions $ supplémentaires. Aussi, le temps de trajet serait augmenté de quatre à six minutes.

Le second trajet directement sur Pie-XII aurait trop d’impacts sur le milieu urbain. Il implique entre 6 et 14 expropriations et des acquisitions de bandes de terrain en façade. Il y a aussi trop de risques d’impact sonore et de perte de vitesse du tramway, évoque la Ville pour écarter ce second scénario.

«Il est surprenant de constater la simplicité avec laquelle la Ville de Québec se livre à un tel exercice afin de choisir le tracé qui passerait sur l’emprise d’Hydro-Québec plutôt que de se rendre jusqu’au ministère du Revenu et par la suite sur le boulevard du Versant-Nord», soulève Pierre Masson, l’un des porte-paroles citoyens.

Que du négatif

«Dans toute analyse sérieuse et objective, on pèse le pour et le contre. Dans ce cas-ci, la Ville fait ressortir uniquement les points négatifs des deux tracés rejetés. Il faut aussi prendre en considération la qualité de vie et les conséquences sur la santé des gens», insiste-t-il, remettant en doute les chiffres avancés par la Ville, notamment en matière de couts du tracé sur Versant-Nord et Quatre-Bourgeois.

M. Masson rejette également l’argument de la Ville, voulant que la présence de 3800 employés à Revenu Québec ne justifie pas l’investissement. Selon M. Normand, ce secteur est désert à l’extérieur des heures de pointe du matin et du soir et il serait de toute façon impossible d’y construire une station à moins d’un demi-kilomètre à cause des contraintes environnantes.

«Les couts estimés de 100 à 120 millions $ ne sont pas réalistes et ne prennent aucunement en considération les grandes économies qui seront effectuées en éliminant les autobus qui devront obligatoirement faire la navette entre la rue de Marly et le tramway qui passerait sur l’emprise d’Hydro-Québec. De plus, certains tronçons sur le tracé global ont été éliminés et un surplus d’argent est donc disponible», évoque le citoyen.

Clientèle oubliée

«Le tracé qui ne se rendrait pas sur la rue de Marly ne rejoindrait pas aussi la grande clientèle de résidents vivant dans les immenses immeubles à logements situés sur l’avenue des Compagnons entre l’école des Compagnons de Cartier et le chemin des Quatre-Bourgeois», soutient-il encore.

Mais que faire pour faire changer la Ville d’idée? «Notre combat commence, lance M. Masson. On ne baisse pas les bras. On va se présenter aux conseils d’arrondissements et aux séances d’informations. Nous avons déjà une pétition de 200 noms et on souhaite la faire signer prochainement par les travailleurs de Revenu Québec pour qu’ils demandent, eux aussi, que le tramway passe sur de Marly», conclut-il.