La station Jardins Jean-Paul-L’Allier au coin du boulevard Charest et de la rue de la Couronne

Tramway: les préoccupations deviennent concrètes

Plus la Ville raffine le tracé du tramway, plus les préoccupations deviennent concrètes pour les résidants qui longent le parcours, notamment ceux du Vieux-Limoilou. Expropriations, acquisitions de bandes de terrains et compensations aux commerçants seront au cœur des inquiétudes au cours des prochains mois.

Une première soirée d’information sur le projet de réseau structurant de transport en commun a permis à quelque 250 personnes d’obtenir plus de précisions sur le tracé de tramway pour la portion de la 1re Avenue comprise entre la 76e Rue dans Charlesbourg et le quartier Saint-Roch.

On sait maintenant qu’il y aura 11 stations entre la 76e Rue et les Jardins Jean-Paul-L’Allier. Le directeur de la conception du tramway, Benoit Carrier, a de nouveau confirmé que le tram sera inséré en milieu de chaussée (axiale) pour la portion entre le terminus Charlesbourg jusqu’à la 18e Rue dans Limoilou. Il sera ensuite inséré du côté est de la 1re Avenue jusqu’au pôle d’échange de la rue de la Croix-Rouge. Pour cette portion, la circulation deviendra à sens unique en direction sud pour les automobilistes.

Beaucoup de questions

À la lumière de ces informations, pas de levée de boucliers, mais des questions, beaucoup de questions. Où allez-vous chercher l’espace dans les secteurs les plus étroits comme dans le Vieux-Limoilou? Est-ce que l’embarquement est sécuritaire? Qu’arrive-t-il en cas d’accident avec le tramway? Est-ce qu’il y aura des vibrations? Est-ce que les abrasifs endommageront les rails?

Et les réponses? Il y en avait certaines. Il en manque encore plusieurs. Par exemple, l’étude de bruit et de vibration sera terminée à l’automne.

À travers l’éventail d’interrogations, il y avait celles concernant des cas particuliers. La Ville avait prévu le coup, en aménageant à l’extérieur de la salle une table où les citoyens pouvaient laisser leurs coordonnées s’ils craignent être expropriés ou devoir céder une bande de terrain pour le passage du tramway.

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C’est le cas de cette dame qui demeure à l’intersection de la 1re Avenue et de la 11e Rue. Elle se demande ce qui arrivera à l’escalier qui donne sur le trottoir, tellement la voie de circulation est étroite à cet endroit. 

À ce sujet, le conseiller Rémy Normand, président du RTC, a réitéré son intention de faire les acquisitions de gré à gré. Une loi bientôt adoptée à Québec empêchera les citoyens de contester leur expropriation devant la justice. 

Denise Tousignant, autrefois commerçante, mère du propriétaire de l’entreprise Alimentex, 1re Avenue, s’inquiète des pertes financières à venir pendant les travaux. M. Normand a laissé entendre qu’un fonds pourrait être créé pour compenser financièrement les pertes encourues. 

La Ville a dévoilé mardi de nouvelles maquettes représentant certaines stations dans la portion Est du Réseau de transport structurant. Sur cette image, l'intersection de la 47e Rue et de la 1re Avenue. (avant)
Sur cette image, la future station de la 47e Rue, sur la 1re Avenue (après)

«Pas un projet du futur»

Il y a aussi Isabelle Lussier, qui possède l’immeuble où elle réside entre les 4e et 5e Rues. «C’est tellement étroit, que je n’aurai plus de stationnement. Je vais voir un poteau et des fils de mon balcon et j’aurai de la difficulté à avoir accès à la seule entrée de ma résidence. Ce n’est pas un projet du futur», conclut-elle.

La soirée d’information laisse penser que l’implantation du tramway passe à une autre étape où des centaines de propriétaires devront être rencontrés… et convaincus de la faisabilité et de la pertinence du projet. Au fil des mois, plusieurs ont accusé la Ville de ne pas fournir suffisamment d’information. On en voit peut-être aujourd’hui le résultat avec les craintes exprimées.