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Tramway: Labeaume soutient qu'il y avait une entente [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Le maire de Québec affirme que la Ville avait obtenu en décembre une entente de principe avec le ministre des Transports sur le tracé du tramway. Au retour du congé des Fêtes, il apprenait qu’elle ne tenait plus. Pour éviter un retard de réalisation qui pourrait atteindre deux ans, Régis Labeaume demande maintenant au gouvernement de réévaluer les offres qui étaient sur la table à la fin 2020.

Le maire de Québec a fait le point lundi sur le dossier du tramway après les accusations du premier ministre François Legault, la semaine dernière, de manquer d’ouverture et d’être inflexible à tout changement de tracé. 

Au contraire, dit le maire, la Ville avait accepté avant Noël une proposition du ministère des Transports après que ce dernier a lui-même refusé une proposition de la Ville.

«On partait en vacances le coeur léger avec l’assurance d’avoir un décret en janvier et aller en appel de proposition au printemps», a lancé M. Labeaume. Cette offre prévoyait implanter le début du tracé nord à la 41e rue plutôt que la 76e rue. Le tram se rendait comme prévu jusqu’à la station Le Gendre selon l’itinéraire initial. Cette amputation du tracé représente une économie de 220 millions $ qui aurait été redistribuée pour améliorer la desserte dans les banlieues, notamment par l’ajout de voies réservées.


« Ça s’est fait sur la gueule. Je ne pouvais accepter sur la gueule »
Régis Labeaume

Au retour des Fêtes : coup de théâtre. L’entente ne tenait plus. La nouvelle est tombée au début février. Le 17 février, le ministère des Transports a fait une autre proposition. «C’était peu étoffé. Ce dont je me souviens, c’est qu’on m’a soumis quatre hypothèses avec des cartes, mais on ne m’a laissé aucun document. Ça s’est fait sur la gueule. Je ne pouvais accepter sur la gueule», se désole le maire.

Dans cette proposition, le tramway ne se rendait plus dans le secteur Le Gendre. Il  partait du secteur D’Estimauville, pour se rendre «quelque part» à Sainte-Foy. «Comment un projet peut ne pas passer dans Limoilou du nord au sud, questionne M. Labeaume. (…) Notre tracé est basé sur la science avec le budget (fermé de 3,3 milliards $) qu’on a. Et notre tracé est celui qui va chercher le plus de monde», ajoute-t-il.

Ce refus de l’administration Labeaume a provoqué le lendemain une sortie publique du premier ministre, reprochant au maire son manque d’ouverture. Du même souffle, François Legault soutenait que son gouvernement s’attelait à confectionner son propre projet de réseau structurant, soulevant l’ire de plusieurs qui y voit un empiètement du gouvernement Québec dans les compétences municipales.

Non seulement la Ville juge que la proposition n’est pas optimale pour atteindre le plus grand nombre d’usagers, mais elle entraînerait un retard de deux ans et possiblement le retrait des consortiums intéressés, sans compter la possibilité de perdre les 1,2 milliard $ du gouvernement fédéral. 

Le maire ne craint pas de se faire reprocher de négocier sur la place publique. Après tout, rappelle-t-il, trop d’informations ont coulé des officines gouvernementales. Les déclarations du PM, le décrivant comme inflexible dans les pourparlers, le convainc du bien-fondé de sa sortie publique. «Je voulais rétablir les faits», lance-t-il encore.

L’histoire du tram devient un véritable feuilleton. M. Labeaume dévoile même que le ministre des Transports, François Bonnardel, l’a contacté pour lui faire part d’une nouvelle proposition qui sera faite d’ici quelques semaines. Lorsqu’on demande au maire d’expliquer l’insistance de la CAQ pour modifier le tracé, il avance que «ça rend heureux les élus de la région de Québec», tout en soulignant que M. Bonnardel demeure son interlocuteur et qu’il a confiance en lui.

Des attentes 

La sortie du maire a pour objet de demander au gouvernement de réexaminer les propositions qui étaient sur la table en décembre. Il y a celle des Transports, pour laquelle une entente était intervenue. Mais il y a également celles de la Ville qui impliquent de hausser le budget actuellement fermé de 3,3 milliards $.

La première prévoyait de conserver le tracé initial (76e rue à Le Gendre) et d’ajouter une seconde ligne de tramway, reliant D’Estimauville au pôle d’échange Saint-Roch. La facture supplémentaire est estimée à 450 millions $.  

La seconde consiste à raccourcir le tracé nord de la 76e à la 41e rue. La seconde ligne de tramway de D’Estimauville à Saint-Roch coûterait alors 230 millions $ avec l’économie de 220 millions $ réalisés avec le raccourcissement du tracé dans Charlesbourg.

Au sujet de l’enveloppe fermée imposée par la CAQ, M. Labeaume répète que «l’attitude du gouvernement face au Réseau de transport de Québec est un deux poids, deux mesures par rapport au Réseau express métropolitain (REM) à Montréal». Selon ses estimations, décrets gouvernementaux à l’appui, la facture du REM est passée de 5,7 à 7,7 milliards $, un ajustement de 36 % assumé à 90 % par le gouvernement du Québec. 

Si la CAQ faisait preuve d’équité, cela voudrait dire que le budget du tramway pourrait passer de 3,3 milliards $ à 4,5 milliards $, conclut M. Labeaume.

Au Cabinet du ministre Bonnardel, on ne voulait pas commenter les propos du maire, répétant qu’un nouveau tracé sera déposé sous peu pour améliorer la desserte des banlieues.