Tramway: la Ville octroie un contrat de 12,5 millions$ à une firme d'ingénierie

La Ville de Québec poursuit sa marche vers l’eldorado du réseau structurant de transport en commun de 3 milliards $ rêvé pour 2026. Elle vient d’octroyer un contrat de 12,5 millions $ à la filiale canadienne d’une firme d’ingénierie-conseil internationale, Systra.

«À Québec, nous savons faire beaucoup de choses, mais il faut reconnaître nos limites», a plaidé le maire de la capitale, Régis Labeaume, en conférence de presse lundi matin. Les autorités municipales ont donc voulu s’adjoindre des experts du secteur privé afin de les guider jusqu’à la mise en service du réseau de transport comportant un tramway de 23 kilomètres.

Systra a collaboré à l’implantation du tramway dans de nombreuses villes outre-Atlantique ainsi qu’en Amérique du Nord, fait valoir le maire : Nice, Tours, Lyon, Washington, Philadelphie, Alger, Casablanca…

Deux employés de Systra seront dépêchés à temps plein au bureau de projet du réseau structurant de transport pour 5 ans, peut-être 7 ans. L'entreprise se serait également engagée à mettre à contribution les travailleurs de ses autres filiales qui ont développé des expertises spécifiques dans les quelque 350 villes où ils ont oeuvré. «Il y a peu de choses qu’ils n’ont pas vécues», avance Régis Labeaume.

Au fait, est-ce que la firme Systra pourrait proposer un changement dans le tracé du Tramway pour répondre aux doléances de certains citoyens qui craignent le bruit, la perte d’intimité et une dévaluation de leur propriété ? «Ça m’étonnerait», répond clairement Régis Labeaume. «On connaît trop notre ville.»

La compagnie travaillera plutôt à la conception du tramway qui comportera notamment deux tunnels. Elle épaulera en parallèle le Réseau de transport de la capitale (RTC) dans l’électrification de ses véhicules.

«C’est une réelle révolution de la mobilité qui s’annonce à Québec», s’est enthousiasmé le président du RTC, Rémy Normand. «Nous sommes à l’aube de la plus grande révolution en transport en commun que la Ville a connue.»

Dans les mains de Bonnardel

La Ville a, par ailleurs, annoncé avoir déposé vendredi une version étoffée de son projet au ministre des Transports, François Bonnardel, afin que les différentes instances gouvernementales impliquées puissent dès maintenant l’analyser. La Mairie de la capitale espère ainsi que le gouvernement québécois aura le temps de s’approprier le dossier afin, ensuite, de faire une demande officielle de financement à Ottawa pour la construction. Dans ses plus beaux rêves, Régis Labeaume entend même le ministre fédéral des Finances nommer son réseau structurant de transport dans le budget printanier.

Parlant de budget, le maire assure que l’évaluation de 3 milliards $ tient toujours, qu’il n’y a pas de dépassement de coûts. KPMG, mandatée pour valider les chiffres présentés par la Ville, n’a toutefois pas encore livré son rapport.

Finalement, la Ville a conclu un autre contrat dans le cadre du projet de réseau structurant, pour des services juridiques cette fois. Le cabinet Norton Rose Fullbright recevra jusqu’à 375 000 $.