Illustration de la future station de la Colline parlementaire
Illustration de la future station de la Colline parlementaire

Tramway: la localisation des stations souterraines est revue [PHOTOS et VIDÉO]

Le tracé du tramway évolue encore. Le Bureau de projet du réseau structurant a revu la localisation des stations souterraines et le scénario d’un tracé court est toujours à l’étude : on parle d’une sortie du tunnel à l’avenue Turnbull, plutôt que celle envisagée à l’avenue des Érables.

Dans le dernier tracé présenté, une station souterraine était envisagée à la Place d’Youville. Or, la présence de courbes et le passage en profondeur sous le stationnement D’Youville engendraient des contraintes d’exploitation. Un enjeu archéologique fort pouvait aussi freiner les travaux le temps d’analyser les possibles trouvailles.

La station sera donc déplacée sous l’avenue Honoré-Mercier, mais conservera le même nom : station D’Youville. Le nouvel emplacement conserve sa proximité avec le Vieux-Québec et implique une meilleure correspondance pour les autobus. 

«Il y aura des propriétés impactées, les discussions sont déjà initiées avec les propriétaires», informe le directeur du projet Daniel Genest. 

Le maire Labeaume tenait depuis le début du projet à une station à la Place D’Youville. 

«Les gens habitent du côté de Saint-Jean-Baptiste, la station doit être où ce que les gens habitent. C’est plus sensé. Je pense que c’est un choix judicieux, en même temps, ça aide à la performance du tramway», a-t-il exprimé à ce sujet.

Fusion de deux stations

Ce changement d’endroit faisait aussi que la station du Centre des congrès se rapprochait. La courte distance mélangée à une qualité de sol moins intéressante dans le secteur a amené la fusion de cette station avec celle du Grand Théâtre de Québec. 

La nouvelle station s’appelle Colline parlementaire, sa localisation est en analyse dans le quadrilatère de l’édifice Marie-Guyart. Une «intégration en harmonie avec la promenade des Premiers-Ministres» est prévue. Cette station se trouvera à plus ou moins 565 mètres de la station D’Youville. 

Le maire Labeaume se réjouit du nouveau secteur. «Je trouvais qu’il y avait une station de trop de toute façon.»

Trajet court encore sur la table

Dans le scénario d’un tracé court, la station Cartier se retrouverait en surface et la sortie du tunnel au centre-ville serait construite dans le secteur de l’avenue Turnbull, plutôt que dans le secteur de l’avenue des Érables, toujours sur le boulevard René-Lévesque. 

L’entrée du tunnel se fait sur la rue de la Couronne, à l’ouest du jardin du Jardin Jean-Paul-L’Allier, avec un passage sous l’ascenseur du Faubourg. On creusera sous une zone résidentielle du quartier Saint-Jean-Baptiste, plutôt que sous la côte d’Abraham, pour éviter des problèmes.

Inquiétudes

Beaucoup d’inquiétude régnait chez les résidents et commerçants du secteur de l’avenue Cartier concernant l’espace que prendrait le tramway sur la rue, notamment concernant les places de stationnement et l’entrée des commerces. La Ville de Québec avait répondu à ces inquiétudes par la sortie du tracé souterrain à l’avenue des Érables, le tramway n’allait donc pas empiéter l’espace extérieur.

«Le scénario de base est toujours le tunnel long qui sort sur des Érables. On appelle ça le scénario de référence. Il y a des tendances dans le monde en urbanisme ou une génération plus jeune demande a ce que la ville soit différente. Elle demande beaucoup des rues partagées. Je pense qu’il est responsable de notre part d’avoir une hypothèse comme [le trajet court]. On a encore un an pour prendre une décision. On connaîtra les incidences budgétaires et sur la circulation dans les deux cas. Mettons ça sur la table et on en discutera», indique le maire Régis Labeaume. 

Il reconnaît que le tracé court coûterait moins cher, mais assure que ce n’est pas toujours un défi budgétaire. La distance du tunnel passerait de 2,6 km à un 2,1 km si le scénario est retenu. 

Pour Jean-François Gosselin, chef de l’Opposition officielle, il n’a s’agit pas d’une option, mais du résultat final. «On se fera pas de cachette, je peux le prédire, on va enlever un bout de tunnel. Même si cest présenté comme une option potentielle, ça va être comme ça que ça va finir», insiste-t-il.

M. Gosselin juge que le maire avait vu trop grand. «C’est la recette de Régis Labeaume. Au fur et à mesure que ça avance, que les experts entrent dans le projet, ça ne fonctionne pas et on est obligés d’enlever des morceaux. Il y a encore beaucoup d’incertitude. Je ne vois toujours pas le gain pour l’usager du transport en commun avec ce qui a été annoncé.»

Encore des changements majeurs?

Le directeur du projet, Daniel Genest, rappelle que le travail de son équipe est de toujours poser des questions. Est-ce que d’autres changements seront apportés au tracé? «On est toujours à l’affût des événements qui se posent en fonction de la confection. C’est là qu’on est aujourd’hui, il n’y a pas d’autres grands changements à l’horizon», précise-t-il. 

Le tunnel demeure la partie la plus technique du projet. «En terme de complexité de conception et de réalisation, c’est le tunnel qui représente le défi du projet. C’est pour ça qu’on a investi énormément d’efforts pour bien cerner ce défi-là. Beaucoup de notre attention y est portée», ajoute M. Genest.

Le maire Labeaume rappelle quant à lui que la construction de tunnel se fait dans toutes les grandes villes du monde. «Il n’y a rien de révolutionnaire dans ce qu’on va faire. Notre projet n’est pas le plus difficile à construire. Creuser des tunnels, on n’a jamais vu ça à Québec, mais il n’y a rien d’extraordinaire.»

La fin de la conception préliminaire du mégaprojet de 3,3 milliards $ se termine en juin. L’audience publique du BAPE est prévue dans la semaine du 6 juillet, pour un dépôt des candidatures en réponse à l’appel de qualification le 13 juillet. Le lancement de l’appel de propositions se fera à la fin de l’été 2020.

La technique d’excavation privilégiée est le forage-sautage. Une surveillance en continu des niveaux sonores, de la qualité de l’air et des vibrations par des sismographes seront exécutées pendant les travaux. Plusieurs mesures d’atténuation sont possibles et ont déjà été fixées, telles que des clôtures antibruit et des dispositifs d’arrosage pour la poussière.