Le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, a dévoilé mardi l’identité de la firme qui réalisera l’étude comparative «indépendante».

Tramway: la firme Systra fera l’étude comparative

La Ville de Québec mandate Systra, déjà sous contrat avec elle, pour réaliser l’étude comparative «indépendante» qui soutient le choix d’un tramway sur celui d’un métro ou tout autre mode de transport.

Systra est l’entreprise qui fait depuis novembre l’accompagnement technique pour la conception du tramway et l’électrification du réseau. L’étude comparative est exigée par le ministère de l’Environnement pour répondre aux préoccupations citoyennes lors de récentes consultations publiques. 

«Elle comparera l’opportunité d’un train léger sur rail, d’un monorail et d’un métro versus un tramway», précise le président du Réseau de transport de la Capitale et vice-président du comité exécutif, Rémy Normand. «Elle tiendra compte de paramètres comme les exigences de construction, la fiabilité, le coût de construction, d’exploitation et d’entretien au kilomètre de chaque mode.»

Les résultats de l’étude seront ensuite validés par un expert ou groupe d’experts indépendants qui sont encore à déterminer. M. Normand explique le choix de Systra du fait que l’exercice gagnera en rapidité plutôt que de publier un nouvel appel d’offres.

Se faisant, il conçoit fourbir des armes aux opposants du projet qui pourront dire que les dés étaient pipés. «Damned if you do, damned if you don’t», lance-t-il, sachant qu’il prêtera toujours flanc à la critique, peu importe l’entreprise retenue pour réaliser l’étude. 

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, n’a pas tardé à contester cette façon de faire. «On connait déjà les conclusions de l’étude. On joue avec l’intelligence des citoyens de Québec. Il faudrait tout mettre sur pause et attendre les conclusions de l’étude avant d’aller de l’avant», a-t-il commenté après le point de presse de M. Normand.

Ce dernier a réitéré, mardi, avoir confiance que les résultats identifieront le tramway comme meilleur mode de transport. Le conseiller a déjà déclaré qu’il se pliera à l’exigence ministérielle un «peu farfelue», tenant compte que les gouvernements refuseront de financer un projet de métro, jugé beaucoup trop onéreux.

En mode communication

La Ville de Québec a aussi annoncé passer en mode communication pour mieux répondre aux interrogations des citoyens sur l’implantation d’un tramway et autres composantes du réseau structurant de transport en commun. Il faut dire que l’administration Labeaume a souvent été critiquée pour son manque de transparence. 

La Ville attend d’avoir en mains d’importantes informations pour rencontrer les citoyens dans le cadre de séances publiques. Il s’agit d’études sur : la foresterie urbaine; l’émission de gaz à effet de serre; les espèces exotiques et envahissantes; acoustique et vibratoire; la circulation et les milieux hydriques fauniques et humides. Les rencontres devraient débuter en juin.

De plus, un autobus itinérant «investira» les places publiques comme les parcs et les grands événements comme le Festival d’été pour aller à la rencontre des citoyens et répondre à leurs interrogations.

Enfin, la Ville veut créer à l’automne des comités de bon voisinage avec les résidents voisins du tracé de tramway pour entendre leurs doléances et répondre à leurs interrogations. Ils se rencontreront de trois à quatre fois par an jusqu’au lancement du réseau en 2026. «C’est un forum permanent pour parler et échanger des irritants», précise-t-il.

À ce jour, la Ville a octroyé 12 contrats de plus de 100 000 $, totalisant 15,8 millions $ en lien avec la planification du réseau structurant. L’argent provient de la première enveloppe de 215 millions $ octroyé par le gouvernement du Québec. Malgré le litige fédéral-provincial entourant le financement du tramway, M. Normand assure que l’échéancier est respecté. «Nous avons quelques délais, mais qui n’induisent pas de retard.»

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MINIBUS: TOUT «EST NORMAL»

Le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand, est allé au-devant des coups, mardi, après la publication sur les réseaux sociaux et en raison d’informations obtenues par les médias selon lesquelles les nouveaux minibus connaissaient des ratés depuis leur déploiement en mars.

Le petit hybride de 24 places aurait fait l’objet de «nombreux bris et pannes» nous a-t-on rapporté. «Avant que vous me posiez la question, ce ne sont pas des pannes. Il n’y a pas de bris», a lancé M. Normand.

«Il y a un problème de réglage en termes de programmation comme pour l’ouverture des portes. C’est normal qu’il y ait des ajustements», a-t-il ajouté. Étonnamment, les problèmes actuels n’ont jamais été vécus l’an passé pendant la période d’essai du midibus. «C’est les nouveaux [midibus] qui vivent ça.»

Rémy Normand assure que tous les coûts des travaux d’ajustement sont couverts par le constructeur belge Van Hool, seul soumissionnaire pour la fabrication de 64 minibus pour 64 millions $. 

À la fin 2018, Le Soleil écrivait que l’autobus testé durant l’année passait plus de temps au garage que sur la route. M. Normand avait alors rétorqué que c’était tout à fait normal du fait qu’il s’agissait d’un autobus, identifié comme une tête de série, servant justement à faire les modifications exigées par le RTC.