Le président du RTC et porte-parole du projet de tramway, Rémy Normand

Tramway: Jean Rousseau exige un changement de ton... ou de porte-parole

«S’il n’est pas capable de changer de ton, qu’on change de porte-parole. S’il change de ton, on verra.»

Le conseiller de Démocratie Québec (DQ), Jean Rousseau, s’en est pris au ton «vitriolique» du président du RTC et porte-parole du projet de tramway, Rémy Normand. «Les gens en ont assez», a fait savoir le représentant de Cap-aux-Diamants, à propos de déclarations controversées du bras droit du maire Régis Labeaume.

Les plus récentes concernaient la demande de compensation financière des commerçants de la route de l’Église gravement affectés par les travaux de réaménagement majeurs qui y ont cours. 

«La route de l’Église, c’est une artère qui avait ses difficultés aussi, qui n’a pas évolué beaucoup au cours des dernières années, avait déclaré devant la presse le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec. Alors, il y a peut-être des questions à se poser pour chacun de ces commerces-là [...] sur le futur de leur commerce», avait-il ajouté, soulevant l’ire des gens d’affaires du secteur.

M. Normand avait aussi fait beaucoup réagir avec certaines répliques cinglantes aux questions des citoyens lors des soirées d’informations publiques sur le tramway tenues en juin. Enfin, il avait rabroué le pdg de Revenu Québec, Carl Gauthier, qui proposait un changement de tracé pour faire passer le tramway devant le siège social de la rue de Marly. Le conseiller d’Équipe Labeaume avait répliqué qu’il accordait «peu de crédibilité à ses propos». 

«Il faudrait un porte-parole plus éloquent et plus structuré quant aux impacts, aux conséquences du tramway. Il y a des questions qui ont été formulées il y a un an et demi et on n’a pas encore été capable d’apporter des éléments nouveaux. On doit aller au-devant des gens. Si on n’est pas capable de gérer la route de l’Église, comment on va gérer le tramway?» questionne l’élu.

«Mesquin»

Appelé à commenter le dossier des compensations aux commerçants, le maire Régis Labeaume a plutôt répliqué au conseiller de DQ. 

«J’ai trouvé extrêmement déplacés les commentaires de M. Rousseau. Un minimum de fair-play en politique, et tout le monde s’entend là-dessus : quand quelqu’un a des problèmes de santé et ne peut pas travailler, on le laisse tranquille», soutient-il, du fait que M. Normand est en convalescence quelques semaines d’une chirurgie d’un jour. 

«Il a été tout à fait mesquin, cheap. Dans la classe politique, il est reconnu. C’est quelqu’un qui manque de courage, qui dit beaucoup de “vilaineries”», a conclut le maire, sans jamais se prononcer sur la question initiale.

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TRAMWAY: COMPENSATIONS ET DÉPASSEMENTS 

L’opposition à l’hôtel de ville de Québec presse la Ville de mettre en place un programme de compensation financière pour les commerçants qui subiront des pertes pendant les travaux de construction du tracé de tramway. 

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, s’inquiète du fait que les commerçants ne pourront obtenir une compensation financière à même les trois milliards de dollars injectés par les gouvernements fédéral et provincial comme il a été possible d’apprendre plus tôt cette semaine. L’argent consenti doit servir uniquement à la réalisation du projet. M. Gosselin se demande donc où l’argent sera pris.

«On nage en pleine improvisation. Pourquoi on est inquiet? Je suis inquiet pour les indemnisations et les citoyens à cause de possibles dépassements des coûts», a lancé M. Gosselin, d’autre part en accord avec un tel programme. «Je demande que Régis Labeaume cesse de jouer dans la Ligue nationale d’improvisation avec le plus gros projet de la Ville de Québec et qu’il arrive avec un plan, qu’on sache où on s’en va.»

L’administration Labeaume a déjà indiqué qu’elle implanterait un programme de compensation sans dire d’où viendront les sommes. La Ville investira elle-même 300 millions $ dans le projet, mais impossible de savoir si une partie de cette enveloppe sera réservée aux commerçants.

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, a déjà fait son choix sur le type de compensation qui doit être attribué. «Pour faire face aux nombreux inconvénients que généreront les travaux de construction du projet de tramway, nous proposons une baisse de taxes pour les citoyens et commerçants qui subiront un préjudice majeur. On demande à la Ville de consulter les citoyens pour les modalités», a-t-il expliqué. Jean-François Néron