Anne Guérette, qui dit avoir porté cette vision de la mobilité et du transport en campagne électorale, en proposant d’ailleurs un projet de tramway qui circulait en haute-ville, ne ressent pas d’amertume vis-à-vis du maire Labeaume.

Tramway: Guérette n'est pas amère

L’ancienne chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, n’a pas de sentiment doux-amer envers Régis Labeaume. Même si elle estime que le maire aurait pu être plus transparent en campagne électorale, elle se réjouit que le projet de transport structurant présenté par la Ville de Québec vendredi fera rayonner la capitale.

«Je suis contente pour Québec, je suis contente pour les citoyens. Je pense qu’il était temps que notre ville s’engage dans une projet de transport collectif moderne», a réagi l’ex-aspirante mairesse en entrevue au Soleil, samedi. 

«Je suis contente de voir qu’on a un projet intégré. [...] On prend vraiment un virage transport collectif à Québec et je suis certaine que ça va avoir un impact pour un grand nombre de gens et aussi pour les automobilistes.» Un défi important guette toutefois le maire, estime Mme Guérette: celui de rallier la population autour du projet, même si ce dernier semble recueillir un appui généralement favorable, concède-t-elle. 

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Anne Guérette, qui dit avoir porté cette vision de la mobilité et du transport en campagne électorale, en proposant d’ailleurs un projet de tramway qui circulait en haute-ville, ne ressent pas d’amertume vis-à-vis du maire Labeaume. Même si celui-ci n’a pas voulu ouvrir son jeu en campagne électorale.

«Je pense que ces grands projets-là ne sont pas l’oeuvre d’une personne, c’est l’oeuvre de plusieurs personnes depuis de nombreuses années qui ont fait avancer les choses. Aujourd’hui, tout se met en place de la bonne manière et c’est le fruit de l’effort et de l’intelligence de beaucoup de gens», a dit Mme Guérette. 

Heureuse d’avoir pu contribuer au développement du projet, elle se contente surtout d’avoir orienté la vision et d’avoir exprimé clairement son désaccord face au projet de Service rapide par bus (SRB), alors qu’elle siégeait au conseil municipal. Le SRB, répète-t-elle, était «le mauvais outil au mauvais endroit», un projet «ponctuel» qui ne s’inscrivait pas dans une vision d’ensemble. 

L’ancienne conseillère ne souhaite pas jouer la «belle-mère», mais elle trouve tout de même «déplorable» le fait que Régis Labeaume n’ait pas dévoilé le fond de sa pensée en campagne électorale. 

Dans nos pages de samedi, M. Labeaume avait reconnu «qu’il y avait de l’ouverture pour quelque chose de gros» du côté du gouvernement provincial, et qu’il le savait avant les élections. «Le tramway était une hypothèse, mais je ne pouvais pas le promettre, j’étais en élection», avait répondu le maire à notre chroniqueur. 

Pour Anne Guérette, il ne fait aucun doute que le maire était bien au fait de l’avancement du dossier du projet de tramway pendant la campagne électorale de l’automne dernier. «Je pense que le maire avait pas mal une idée claire, il a fait le choix de ne pas en parler pendant la campagne. C’est sûr que c’est un peu déplorable [...], il aurait dû être rendu à mettre de l’avant sa vision de la mobilité et du transport pour la Ville», a-t-elle avancé. 

Démocratie Québec, tient-elle à rappeler, avait joué carte sur table, en présentant un tracé de tramway de 11 kilomètres reliant Saint-Roch au pôle Laurier, dans Sainte-Foy. Si le maire avait fait de même, poursuit-elle, le débat en campagne aurait été différent. 

Référendum

Ni favorable, ni contre l’idée du chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, d’organiser un référendum sur le projet, Anne Guérette estime toutefois que la population devra clairement indiquer son mécontentement pour qu’un référendum s’organise. «C’est sûr que je suis toujours favorable, en principe, à un référendum. Maintenant, c’est à la population de décider si elle veut un référendum ou pas. Je sens qu’il y a quand même une forte adhésion, mais pour avoir un référendum, il va falloir qu’il y ait une masse importante de citoyens qui se lèvent pour le demander», a-t-elle précisé. 

Plusieurs indices appuient la thèse selon laquelle l’adhésion au réseau de transport structurant est réelle au sein de la population, poursuit l’ancienne élue, puisque le projet s’inscrit dans la suite du Plan de mobilité durable et que de nombreuses consultations ont déjà eu lieu dans les dernières années. 

Question de temps…

Sur la sortie du maire de Lévis Gille Lehouillier, qui a reproché au gouvernement provincial d’avoir écarté la Rive-Sud du réseau de transport structurant, Anne Guérette croit qu’il ne s’agit que d’une question de temps avant que Lévis ne s’y connecte. 

«Lévis est un acteur important dans l’échiquier du transport sur notre territoire. Il va falloir que Lévis soit prise en considération, mais je n’ai pas de doute que finalement les acteurs politiques vont sûrement ajouter Lévis. C’est presque pas possible qu’il n’y ait pas quelque chose qui soit présenté à court terme», a-t-elle exprimé.