Luc Richard, directeur exécutif et chef de l’exploitation au Réseau de transport de la Capitale, explique que «le remplacement du trambus par un Métrobus n’affecte pas du tout l’attractivité globale du réseau» en raison d’autres améliorations apportées ailleurs sur le réseau.
Luc Richard, directeur exécutif et chef de l’exploitation au Réseau de transport de la Capitale, explique que «le remplacement du trambus par un Métrobus n’affecte pas du tout l’attractivité globale du réseau» en raison d’autres améliorations apportées ailleurs sur le réseau.

Tramway: des chiffres d’achalandage en hausse

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Au terme d’une semaine mouvementée où le maire Labeaume a demandé au gouvernement Legault un appui plus ferme au projet de tramway, la Ville a dévoilé vendredi les chiffres actualisés de l’achalandage projeté du réseau structurant de transport en commun, en forte hausse malgré l’abandon du trambus.

La Ville a présenté les chiffres à la demande du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement après les modifications apportées au projet initial. On y apprend que la hausse d’achalandage du transport en commun fera un bond de 40,5 % à l’an un. La précédente étude de 2019 concluait à une hausse de 30,8 %. Le nombre annuel de déplacements atteindra alors 45,9 millions plutôt que les 35 millions actuels.

Mais comment est-ce possible malgré le retrait de la composante du trambus? Luc Richard, directeur exécutif et chef de l’exploitation au Réseau de transport de la Capitale, explique que «le remplacement du trambus par un Métrobus n’affecte pas du tout l’attractivité globale du réseau» en raison d’autres améliorations apportées ailleurs sur le réseau.

Le Tramway, toujours nécessaire

Les chiffres présentés vendredi tiennent compte de plusieurs facteurs, dont le projet de la couronne périphérique annoncé en juin. Il apportera 2,6 millions de déplacements annuels supplémentaires des résidents des banlieues et des MRC avoisinantes. 

À cela, il faut ajouter les 14 millions de déplacements avec l’implantation du réseau structurant. Enfin, d’autres projets sont pris en compte comme le développement résidentiel et commercial du secteur Chaudière où devraient s’établir 4000 ménages.

«Il n’y a pas de grandes surprises là-dedans. Ce sont des résultats anticipés», lance M. Richard.

«Les chiffres maintiennent le tramway comme la colonne vertébrale du réseau», soutient pour sa part Daniel Genest, directeur du bureau de projet du tramway, comme s’il voulait dissiper un doute qui pourrait s’immiscer chez certains politiciens provinciaux. 

Des doutes

L’abandon de la composante trambus annoncée en juin devait avoir un impact négatif de 1,6 à 2 % sur la fréquentation anticipée. Depuis, le gouvernement caquiste a décidé qu’il fera sa propre étude d’achalandage avant de donner son aval au projet dans sa forme modifiée. Cette semaine, la vice-première ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a réitéré le besoin de Québec de se doter d’un réseau de transport collectif «moderne et efficace». Mais sans jamais dire si le tramway s’avère la meilleure solution.

M. Genest souligne que l’achalandage projeté n’intègre pas les simulations du tunnel Québec-Lévis que veut construire le gouvernement du Québec. Du même souffle, il précise que la capacité excédentaire du réseau structurant permettra d’accueillir jusqu’à 1000 personnes de plus à l’heure de pointe du matin dans le secteur de la colline parlementaire.

Enfin, il insiste sur le fait que ces modifications rencontrent les exigences du gouvernement du Québec qui souhaite une desserte efficace des banlieues tout comme une interconnexion avec la Rive-Sud.

Les doutes du gouvernement ont surgi à la suite de l’abandon du trambus annoncé en juin. Il était prévu circuler sur une voie axiale dédiée entre D’Estimauville et l’Université Laval. Il est remplacé par le Métrobus sur une voie latérale réservée. À la clé, une économie de plus de 700 millions $ qui permettra de financer la construction du tramway, beaucoup plus élevée que prévu.

Le projet de tramway de 3,3 milliards $ est financé par le gouvernent du Québec (1,8 milliard $), Ottawa (1,2 milliard $) et la Ville de Québec (300 millions $).