Selon le Conseil du patronat du Québec, il est «important d’avoir une capitale nationale attractive».

Tramway à Québec: un financement «sans plus de délai» réclamé

Le Conseil du patronat du Québec demande à Ottawa de financer «sans plus de délai» le réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. L’organisme craint que l’élection fédérale de l’automne nuise à la réalisation du projet.

Dans une lettre ouverte publiée en page 17, le CPQ joint ainsi sa voix à celles entendues récemment, de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et du milieu communautaire. «Notre appui à cet excellent projet, symbole de développement durable, était déjà acquis. Notre message est maintenant que le financement doit se faire sans plus de délai parce qu’on se dirige en campagne et que ça peut nuire au projet. Ça amène de l’incertitude, peu importe que ça soit le même gouvernement, au pouvoir ou pas», fait savoir le pdg du conseil, Yves-Thomas Dorval.

Avantages

«Pour nous, il y a de nombreux avantages économiques parce que ça facilite le transport des travailleurs, des clients et des visiteurs. Ça permet aussi aux personnes moins favorisées d’avoir accès à de meilleurs services», fait-il valoir.

Comme l’ont déjà fait le gouvernement Legault et le maire de Québec, M. Dorval pointe le manque de flexibilité de la formule de financement du transport en commun en vertu de l’entente fédérale-provinciale en vigueur. L’argent est versé selon l’achalandage des transports en commun. Ainsi, la métropole accapare la majeure partie des 5,2 milliards $ du fédéral, laissant 412 millions $ à Québec et des miettes aux autres villes. «Il faudrait des critères en matière de besoin. Québec est l’une des rares capitales sans réseau structurant», précise le pdg. 


« Notre message est maintenant que le financement doit se faire sans plus de délai parce qu’on se dirige en campagne et que ça peut nuire au projet »
Yves-Thomas Dorval, pdg du Conseil du patronat du Québec

D’autre part, il ne craint pas pénaliser Montréal si Québec en obtient plus. «La structure de financement n’est pas la même. Par exemple, la métropole peut compter sur la Caisse de dépôt et placement du Québec comme partenaire financier. Sans la participation fédérale, Québec n’aura jamais le niveau d’investissement nécessaire pour réaliser son projet», déplore-t-il.

M. Dorval ajoute que doter rapidement la Ville de Québec d’un réseau structurant comme celui qui est sur la table bénéficiera à toute la province. «C’est important d’avoir une capitale nationale attractive», conclut-il.

Le gouvernement du Québec a confirmé sa participation financière de 1,8 milliard $. Le fédéral garantit 412 millions $ à partir de l’entente fédérale-provinciale et maintient que 800 millions $ sont disponibles à partir d’autres fonds verts fédéraux. Jusqu’à maintenant Québec refuse de piger dans ces fonds parallèles, prétextant que les sommes sont déjà investies dans d’autres projets.