La rencontre a de nouveau fait salle comble, rassemblant près de 200 personnes. La quatrième et dernière séance de consultation est prévue samedi après-midi.

Tramway : accueil tiède dans la Haute-Saint-Charles

Le maire Régis Labeaume s’est engagé samedi à investir dans le réseau d’autobus de la Haute-Saint-Charles «dès le prochain budget». Une promesse faite au terme de la séance de consultation la plus négative de la semaine à l’égard du projet de Réseau structurant de transport en commun (RSTC) de la Ville de Québec.

Habitant le secteur qui sera le moins bien desservi par le RSTC, plusieurs citoyens de la Haute-Saint-Charles s’inquiètent «des lacunes» de service déjà existantes dans les banlieues nord-ouest. Lacunes qui ne seront pas réglées, selon eux, une fois le réseau de 3 milliards $ complété en 2026.

Sans catégoriquement rejeter le projet dans son ensemble, les résidents qui ont pris le micro à la séance de consultation, tenue samedi matin au centre communautaire Michel-Labadie, ont l’impression d’avoir été oubliés. 

«Service pourri depuis 40 ans», «lacunes évidentes dans les banlieues nord-ouest», «manque de parcours d’autobus», inefficacité de l’axe est-ouest au nord; les remontrances ont été nombreuses.

Les critiques, posées, ont réclamé des connexions plus faciles avec le tramway et les trambus, de nouveaux parcours locaux et un réseau mieux adapté à leurs quartiers, comme Val-Bélair, Loretteville, Saint-Émile, Neufchâtel ou Montchâtel.

Le maire Régis Labeaume a déclaré aux journalistes, tout juste au terme de la séance, qu’il s’engageait à bonifier le transport en commun dans ces arrondissements à court terme. «On ne peut pas vraiment leur donner tort. Je les comprends. Le transport structurant passe là où il y a de la densité, mais eux autres ne sont pas rejoints», a-t-il admis après avoir assisté au concert d’inquiétudes.

«On va mettre le Réseau de transport de la capitale [RTC] à l’ouvrage. Je vais leur demander de dessiner de nouveaux parcours et on va investir spécifiquement pour le secteur ici dès le prochain budget. […] Ça va être dans les budgets réguliers de la Ville, on va couper ailleurs», a-t-il précisé.

M. Labeaume a cependant fermé la porte à ce que le tramway puisse se rendre au nord-ouest. «Il faut être réaliste.»

Foule monstre à Sainte-Foy

Si la séance de la Ville pour la Haute-Saint-Charles et les Rivières a fait salle comble en matinée avec quelque 200 personnes, celle de Sainte-Foy, en après-midi, a littéralement débordé. Plus de 400 personnes se sont présentées à l’édifice Andrée-P.-Boucher, forçant plusieurs citoyens à suivre la séance sur un écran installé à l’extérieur de la salle.

La Ville de Québec a aussitôt pris la décision d’ajouter une seconde séance pour Sainte-Foy, une cinquième au total. Elle aura lieu la semaine prochaine, toujours à l’édifice Andrée-P.-Boucher. Date et heure seront annoncées lundi sur le site Web de la Ville.

Quelques propriétaires inquiets 

Les commentaires ont été majoritairement positifs au sujet du RSTC dans Sainte-Foy. Un écueil a toutefois été relevé à plus d’une reprise parmi la quarantaine de citoyens venus s’exprimer au micro.

Les résidents du quadrilatère formé par le boulevard Pie-XII, des chemins Sainte-Foy et Quatre-Bourgeois, incluant les rues Pélissier et Senneterre, s’inquiètent du tracé. Le tramway doit passer là où se trouve une ligne haute tension d’Hydro-Québec, laquelle borde plusieurs terrains résidentiels.

Des propriétaires se sont inquiétés d’une perte de valeur de leur terrain et du bruit, notamment. «On va s’occuper de vous et tous vos voisins», a répondu Régis Labeaume à une citoyenne préoccupée. «On ne laisserait pas passer le tramway à travers votre jardin.»

«Je n’ai pas de jardin!», a aussitôt répondu la dame sur un ton bon enfant, faisant éclater de rire toute la salle. «On va faire ce qu’il faut», de poursuivre le maire. «Elle va monter [la valeur de votre propriété]. Je serais quasiment acheteur», a-t-il poursuivi.

Sur une note plus sérieuse, une citoyenne a réclamé des mises à jour rapide, ce à quoi la Ville s’est engagée à faire lorsque viendra l’étape des plans et devis.

La séance de Sainte-Foy a fait plus que salle comble. Une seconde consultation aura lieu dans l'arrondissement, au même endroit, dans les prochains jours.

EN RAFALE...

  • La députée de Chauveau et ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay, a assisté à la rencontre de samedi matin dans la Haute-Saint-Charles, mais n’a pas voulu s’adresser aux médias. Elle a dit être présente pour écouter les opinions de ses citoyens.

  • Le nombre de correspondances augmentera pour les usagers du transport en commun une fois que le RSTC sera complété. Selon la Ville de Québec, les usagers prennent actuellement 1,3 autobus en moyenne pour compléter leur trajet, alors que ce taux passera à 1,65 avec le RSTC. L’administration municipale soutient  que les options de trajets directs seront par contre plus nombreuses aux heures de pointe.

  • Au terme de quatre séances de consultation où les opinions étaient majoritairement favorables au RSTC et les commentaires surtout constructifs, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21 et chef de l'opposition, ne croit pas que la population s’est rangée tête baissée derrière le projet. Selon lui, il y a encore «trop de questions sans réponses».

  • À savoir si les tensions entre Québec et Lévis pouvaient compromettre le financement du RSTC, Régis Labeaume a affirmé que l'interconnexion entre les deux rives, une exigence de la Coalition avenir Québec — qui mène les sondages à six mois des élections provinciales — , allait se faire. Le maire Gilles Lehouillier a le projet en main et les fonds pour compléter les études, croit M. Labeaume. «Le reste, c'est de la politique.»