Le tir à l'arme de poing disparaîtra de la programmation du Festival de la jeunesse de Beauport, parrainé par la Ville de Québec.

Tir à la relâche: la Ville change son fusil d'épaule

Le tir à l'arme de poing disparaîtra de la programmation du Festival de la jeunesse de Beauport, parrainé par la Ville de Québec. L'activité tenue à la relâche d'hiver depuis 12 ans avait été décriée par une mère de famille en février dernier, puis remise en question quelques jours plus tard par le maire Régis Labeaume.
Le bureau d'arrondissement a confirmé au Soleil, vendredi, que les responsables du Club de tir de Beauport n'accueilleront plus les adolescents intéressés par des séances d'initiation aux armes à feu pendant la relâche scolaire. Du moins pas dans le contexte du festival chapeauté par la Ville de Québec. 
Depuis 12 ans, «chaque tireur» en herbe avait la possibilité de s'exercer au «tir sportif», accompagné d'un instructeur qualifié. Les adolescents inscrits, qui devaient être âgés de 14 ans et plus, avaient «la possibilité de se familiariser avec des pistolets et revolvers de calibre 22 LR, 9 mm, 38 spl», pouvait-on lire dans la programmation 2016 du Festival de la jeunesse.
Sans faire de remous pendant plusieurs années, l'activité en a fait sourciller plus d'un l'hiver dernier après la sortie publique de Jacinthe Thériault-Fortier, une mère de famille inquiète de voir les autorités municipales s'associer à ce genre de loisir. 
«J'avoue que ça me fout les jetons de savoir que ma ville offre à nos enfants, même accompagnés d'un officiel, de découvrir l'usage des armes à feu», avait-elle écrit dans un commentaire paru dans Le Soleil du 23 février, et dans lequel elle disait craindre «la banalisation de l'objet». 
«N'a-t-on pas assez des tueries qui nous sont rapportées quasi quotidiennement, aux [États-Unis] et au Canada, pour choisir autre chose que la promotion de l'usage des armes à feu auprès de nos enfants?» ajoutait-elle. 
Interrogé quelques jours plus tard lors de la période de questions des citoyens au conseil municipal du 7 mars, le maire de Québec s'était montré incrédule, disant apprendre «ce soir» que l'activité figurait à la programmation du festival. «Je pense que dans les valeurs qu'on doit véhiculer à la Ville de Québec, je vois mal le tir à l'arme de poing. Selon mes convictions, je ne comprends pas ce que ça fait là», avait-il répondu à une citoyenne préoccupée.
«Retour aux sources»
Plutôt que d'expliquer le retrait du tir au pistolet en 2017 par le malaise soulevé l'an dernier, le bureau d'arrondissement de Beauport a préféré parler d'un «retour aux sources» pour le Festival de la jeunesse. Le comité organisateur a décidé de «s'attarder à des clientèles jeunesse de 12 ans et moins», a indiqué la porte-parole Danielle Caron, qui a par la suite réservé ses commentaires.  
Une telle mesure ne semble toutefois viser que le tir au pistolet. L'activité était pratiquement la seule réservée aux plus de 12 ans, à l'exception des périodes de hockey libre pour les 12 à 17 ans.