«L’opposition n’est pas nouvelle», a lancé M. Labeaume, au sujet de ce dossier qui fait la manchette depuis 2014. «Il y a bien des gens qui vont changer d’idée quand ils vont voir ce projet révolutionnaire.»

Terres des Soeurs de la Charité: dézonage nécessaire, dit le maire

L’opposition au dézonage des 200 hectares de terres agricoles de Sœurs de la Charité à Beauport n’ébranle pas l’administration Labeaume. Pour une seconde fois en une semaine, le maire de Québec a insisté sur la nécessité d’y permettre la construction de 6500 unités d’habitation.

Le maire de Québec n’en démord pas : l’ensemble résidentiel projeté par le groupe Dallaire est une pièce importante du puzzle pour permettre à la capitale d’accueillir les 28 600 nouveaux ménages attendus d’ici 2036. 

Pendant que les élus lorgnent ces terres, le monde agricole s’émeut devant la perte potentielle de tant d’hectares cultivables de qualité à proximité de la ville. 

En marge d’une conférence de presse sur un tout autre sujet à laquelle assistait, lundi, le promoteur du projet résidentiel, Michel Dallaire, le maire a réitéré sa position.

«L’opposition n’est pas nouvelle», a lancé M. Labeaume, au sujet de ce dossier qui fait la manchette depuis 2014. «Il y a bien des gens qui vont changer d’idée quand ils vont voir ce projet révolutionnaire.»

M. Dallaire, présent à titre de président du Musée de la Civilisation, n’a pas voulu traiter du dossier qui débordait du cadre de la conférence.

Autoroute Laurentienne

Le maire a aussi commenté la suggestion de plusieurs groupes environnementaux faite la semaine dernière de transformer l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain depuis l’autoroute Félix-Leclerc jusqu’au parc Victoria. Selon eux, on pourrait y construire un potentiel de 6000 habitations ou plus. Un chiffre similaire à celui évoqué pour les terres de Sœurs de la Charité.

«Nous sommes pour développer ce secteur, entre Soumande et la rue du Roi. Au-delà [plus au nord], c’est difficile à construire. Ce n’est pas suffisant», tranche le maire. D’après lui, on parle plutôt de 5000 habitations, dont peut-être 2000 dans le secteur Fleur de Lys. Un plan de requalification de ce pôle d’habitation, incluant le boulevard Hamel jusqu’au boulevard Père-Lelièvre, doit être présenté à l’automne.

M. Labeaume évoque aussi le fait que l’exploitation des terres des Sœurs de la Charité permet d’offrir une offre résidentielle différente des habituels condos en y construisant des maisons unifamiliales.

Rien n’est encore gagné pour l’administration Labeaume. Ultimement, la Commission de protection du territoire agricole devra rendre une décision après avoir reçu une demande de dézonage. Si elle refuse, seul un décret gouvernemental pourrait alors infirmer cette décision.

+

LABEAUME DEMEURE DISCRET SUR L'IMMIGRATION

Le maire de Québec a refusé de se prononcer sur l’intention de la Coalition avenir Québec (CAQ) d’abaisser le seuil d’immigration si le parti était porté au pouvoir. 

La semaine dernière, le chef François Legault promettait d’abaisser le nombre d’immigrants de 52 000 à 40 000 par année, même si plusieurs experts jugent cette mesure impossible, notamment en raison des accords en vigueur avec Ottawa. Une position qui semble à l’encontre de la priorité numéro un de l’administration Labeaume. Le maire souhaite accueillir annuellement 2000 travailleurs francophones étrangers supplémentaires pour combler la pénurie de main-d’œuvre. 

«Je dis qu’on ne peut pas faire plus qu’actuellement. On a un taux de rétention des immigrants de 94 %. Il y a un problème parce que des gens qui veulent rester doivent partir à cause des règles actuelles. Ça prend des décisions politiques.» Du même souffle, il a refusé de qualifier la proposition des partis en immigrations. «Je ne me mêlerai pas de la campagne. Vous ferez le bilan, vous êtes bons là-dedans, a-t-il lancé à la presse. La population fera son propre bilan.»

Le chef de la CAQ s’était défendu de faire fi de la demande du maire. Dans un gouvernement Legault, chaque ville accueillerait un nombre d’immigrants en fonction de son poids démographique. Toute proportion gardée, la capitale reçoit actuellement moins d’immigrants que d’autres villes au Québec. Jean-François Néron