«On attend la visite du premier ministre le 25 ou 26 janvier prochain», a annoncé M. Sioui, en marge d’une conférence de presse.

Terrains fédéraux à Sainte-Foy: Konrad Sioui souhaite convaincre Trudeau [VIDÉO]

Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, compte sur une visite du premier ministre canadien Justin Trudeau en janvier pour le convaincre de lui céder les grands terrains fédéraux vacants situés au nord des centres commerciaux du secteur Sainte-Foy.

«On attend la visite du premier ministre le 25 ou 26 janvier prochain», a annoncé M. Sioui, en marge d’une conférence de presse. «On va accueillir le premier ministre chez nous; on l’espère en tout cas.»

Rappelons que la Défense nationale a détruit ses anciennes maisons, puis a érigé un manège militaire sur le boulevard Hochelaga. Les quelque 12,3 hectares restants ont été déclarés «excédentaires», de qui les rend disponibles pour des ministères et organisations fédéraux, peut-être pour la Ville si aucun des bras de l’État ne veut mettre la main dessus.

Des promoteurs immobiliers ont depuis l’œil sur ces lots valant au moins 35 millions $. Et la Ville aimerait participer au chantier.

C’était sans compter sur la communauté de Wendake qui a récemment annoncé vouloir prendre de l’expansion sur ces parcelles. «Éventuellement, il faut que la nation huronne-wendat puisse se développer», plaide Konrad Sioui. «On vit sur un territoire tellement exigu. On vient d’acheter quelques terres […] à grand prix, à gros prix. Mais il n’y en a plus de terres proches, contigües à Wendake.»

Il ne croit pas que le premier ministre Trudeau annoncera la cession des lots du secteur Sainte-Foy aux Hurons-Wendat durant sa visite de janvier. Mais il pense qu’il s’agira d’un «jalon important pour l’acquisition de ces terres.» 

Le chef Sioui fait remarquer que le ministre responsable de la région, Jean-Yves Duclos, s’est dit ouvert à discuter avec les représentants de Wendake. «Il a très très clairement démontré une volonté du gouvernement fédéral.»

«À travers le Canada, et depuis trop longtemps déjà, les biens excédentaires du fédéral retombaient à peu près à n’importe qui, mais jamais aux Premières nations. On était les derniers sur la liste.»

Les bâtiments et terrains jugés superflus par l’État sont presque systématiquement remis aux gouvernements des provinces et des municipalités ou à des œuvres de charité comme des églises, évalue-t-il. «Et si personne ne veut de ces infrastructures-là, de ces biens-là, en fin de compte, on les offre aux Premières nations.» Konrad Sioui veut maintenant être en haut de liste quand survient une redistribution de biens publics.

«On s’est plaint de ça. On a dit : “On considère qu’on devrait être capable […] d’avoir une chance égale d’accéder à ces biens-là.» Et il se veut rassurant : «On coexiste bien avec les gens, on a un beau développement, on est capable de faire des belles choses ensemble.»

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1,6M$ POUR LA JEUNESSE AUTOCHTONE 

Le gouvernement caquiste a convoqué la presse vendredi pour annoncer une «Stratégie d’action jeunesse autochtone» mise en place par les libéraux en 2017.

La ministre des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, et l’adjoint du premier ministre pour la jeunesse, Samuel Poulin, se sont donc présentés au complexe sportif de Wendake pour vanter l’investissement. À leurs côtés, des représentants des Premières nations.

Tout le monde s’est réjoui que l’État alloue 1,6 million $, de 2017 à 2022, à des projets pour soutenir la jeunesse autochtone. Les quelque 320 000 $ par année sont destinés aux dizaines de communautés, aux centres d’amitié installés dans les villes ainsi qu’aux groupes aidant les femmes. 

Annick Tremblay, coordonnatrice régionale jeunesse de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, convient qu’une fois l’enveloppe divisée, il n’en reste pas beaucoup pour chaque projet. «C’est une amorce. Ça ne répond pas à l’ensemble des besoins.»

Selon elle, il faudra plus pour répondre aux ambitions de la Stratégie d’action jeunesse autochtone : améliorer la persévérance scolaire; favoriser la transmission de la culture autochtone; favoriser les saines habitudes de vie; viser une pleine participation des jeunes au marché du travail et soutenir les entrepreneurs de la relève.