Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui a réagi à la sortie mardi du vice-chef innu Charles-Édouard Verreault de la communauté basée au Lac-Saint-Jean.

Terrains de la Défense nationale de Sainte-Foy: les prétentions juridiques des Innus mises en doute

Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, met en doute les prétentions territoriales de la communauté innue de Mashteuiatsh sur les terrains de la Défense nationale de Sainte-Foy.

«On aurait pu se passer de ça.» Le grand chef a réagi à la sortie mardi du vice-chef innu Charles-Édouard Verreault de la communauté basée au Lac-Saint-Jean. Ce dernier confiait au Quotidien souhaiter acquérir les 123 000 mètres carrés de terrain situés le long du boulevard Hochelaga. 

Il se base sur une entente de principe conclue en 2004 entre les Innus et les gouvernements provincial et fédéral qui inclut Québec comme territoire innu avant l’arrivée des Européens et l’installation des Hurons en 1650. Cette même entente prévoit que sa nation doit être consultée pour tout développement en territoire innu. 

Traité de 1652

De son côté, M. Sioui rappelle que les Hurons-Wendat ont acquis par traité en 1652 la Seigneurie de Sillery, sur laquelle se trouvent les terrains de la Défense nationale.

Pour lui, ce traité a une véritable valeur juridique contrairement à l’entente de principe de 2004. «Ça n’a pas force de loi. Une revendication, c’est une prétention. On est dans une position où les Innus doivent faire la preuve que ça leur appartient, qu’ils ont un titre de propriété.»

Outre le volet juridique, le grand chef huron-wendat, se questionne sur la sortie publique du vice-chef Verreault. «En voyant un conseiller qui sort de nulle part… Il faut que je me réfère au chef innu, Clifford Moar. C’est mon vis-à-vis. D’ailleurs, on a mis en place une table de travail pour discuter des questions territoriales.»

Les Hurons-Wendat et les Innus n’en sont pas à leur premier conflit. Depuis 2012, il tente de coexister sur un territoire de chasse de la Réserve faunique des Laurentides revendiqué par les deux nations.

Avant les Fêtes, M. Sioui démontrait publiquement son intérêt pour les terrains non occupés par la Défense nationale depuis 2018. Il soutient que sa communauté en a besoin pour loger plus de 800 Hurons, actuellement sur une liste d’attente.

De son côté, la Ville de Québec convoite aussi ces terrains pour y faire du développement résidentiel et des logements communautaires. Le maire Régis Labeaume allègue qu’Ottawa doit céder ces terres à la Ville pour que l’ensemble qui y sera construit soit en harmonie avec le schéma d’aménagement.