Dans un sondage mené par la Ville de Québec, on apprend que 65 % des sondés sont tout à fait d’accord (52 %) ou plutôt d’accord (13 %) avec la mise en place d’un réseau structurant comme un tramway ou un service rapide par bus.

Système structurant de transport: «consensus clair»... dans les quartiers centraux

La Ville de Québec conclut qu’un «consensus clair» se dégage autour de l’implantation d’un système structurant de transport en commun à la suite d’une consultation publique et d’un sondage menés en cours d’année. Mais à la lecture des résultats, il y a encore une majorité de citoyens à convaincre dans les banlieues.

La Ville a rendu publics les résultats de ce coup de sonde lancé de juin à septembre sur la mobilité durable et le système structurant de transport en commun. 

«Ce système doit être le cœur d’une série de moyens favorisant les déplacements sur le territoire dans une perspective durable, notamment le transport actif [marche et vélo], les stationnements incitatifs, l’accessibilité universelle et autres», indique la Ville par voie de communiqué.

Quand on y regarde de plus près, les 11 038 répondants au sondage privilégient déjà le transport en commun pour leur déplacement tant vers les quartiers centraux, les pôles d’affaires et en périphérie dans une proportion d’au moins 62% pour chacun de ces secteurs de la ville. L’automobile arrive chaque fois en seconde position.

Mais plus encore, on y apprend, comme le maire aime le répéter depuis le résultat de l’élection, que 65% des sondés sont tout à fait d’accord (52%) ou plutôt d’accord (13%) avec la mise en place d’un réseau structurant comme un tramway ou un service rapide par bus.

De même, 66% sont tout à fait ou plutôt d’accord avec la création de nouvelles voies réservées uniquement au transport en commun.

Là où il y a un hic, c’est dans la répartition géographique des répondants pour l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun. 

Alors que les adeptes d’un réseau structurant sont largement majoritaires dans les arrondissements La Cité-Limoilou (près de 90%) et Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge (plus de 70%), ils sont minoritaires dans les arrondissements Les Rivières, Beauport et la Haute-Saint-Charles. En périphérie, seul l’arrondissement de Charlesbourg atteint la barre du 5O% en faveur d’un réseau structurant. 

Dans les villes défusionnées, Saint-Augustin est pour un réseau structurant tandis que L’Ancienne-Lorette est majoritairement contre.

«Au cours de la récente consultation, les citoyens ont mentionné que le système actuel de transport en commun avait besoin d’être ajusté et bonifié, évalue Rémy Normand, membre du comité exécutif responsable des transports et du Plan de mobilité durable et président du Réseau de transport de la Capitale. 

«Depuis plusieurs mois, les équipes s’activent sur ce plan et l’harmonisation avec le nouveau système structurant se fera, ajoute-t-il. Nous avons à cœur que ce futur système de transport soit le plus attrayant possible afin que les citoyens puissent disposer de véritables choix pour leurs déplacements quotidiens», fait-il encore savoir dans le communiqué, envoyé aux médias tard en fin de journée.

À point nommé

La publication de ce rapport arrive à point nommé pour l’administration Labeaume qui soutenait encore mardi qu’il ne suffisait plus d’augmenter le nombre d’autobus pour lutter contre la congestion. De plus, 2018 est une année charnière pour obtenir des gouvernements provincial et fédéral le financement nécessaire à l’implantation d’un système structurant de transport en commun. 

Le maire Labeaume a ressuscité le projet de tramway il y a une semaine à peine. Ce projet compte encore son lot de détracteurs dont l’opposition officielle à l’hôtel de ville, qui prône simplement l’ajout d’autobus et surtout, la construction d’un troisième lien.

Ces données sont diffusées la journée même où la Coalition avenir Québec, par la voix du député Éric Caire, pressait les Libéraux d’expliquer pourquoi ils donnaient maintenant leur accord pour financer un tramway alors qu’ils avaient refusé de le faire par le passé, prétextant des coûts d’implantation trop élevés.

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EN CHIFFRES

650 participants aux 4 séances d’information

11 038 répondants au sondage en ligne

143 mémoires reçus

6 séances d’auditions de mémoires pour 59 présentations;

312 participants aux séances de la tournée des arrondissements par le RTC sur «le nouveau réseau, vision et enjeux»

413 participants au Sommet international sur la mobilité urbaine