Tous les équipements de contrôle et de perception des frais de stationnement sont implantés depuis l'été 2015 au Centre Vidéotron. 

Système automatisé... pour soirées tranquilles

Gardez votre petite monnaie proche. La Ville de Québec pourrait mettre en activité le système de gestion électronique des stationnements d'ExpoCité, une innovation de 2,5 millions $ déjà approuvée et installée, mais ne jamais s'en servir quand le Centre Vidéotron est rempli à pleine capacité.
C'est la nouvelle possibilité avancée vendredi par le maire Régis Labeaume, lui qui en a pourtant assez de s'exprimer sur le sujet.
«Quand il y a 18 000 à 20 000 personnes, ça veut sortir vite. Là on se dit : ça vaut-tu la peine d'utiliser le système quand il y a 18 000 à 20 000 personnes? Peut-être qu'on est mieux comme on fait là. Les personnes dans les petites cabanes, ça paie vite et ça sort vite. Alors, on veut pas s'acharner. Ça marche ailleurs, mais ici les personnes veulent sortir vite», a fait valoir le maire de Québec, en marge d'une conférence de presse à l'incubateur Le Camp. 
Celui-ci assure qu'il ne remet pas en question l'investissement fait par la Ville dans un système de perception et de barrières électroniques. «On a besoin d'un système. On va le mettre en opération quand ça sera le temps parce qu'on va additionner les activités» à l'amphithéâtre, au Centre de foires et éventuellement au marché public annoncé pour 2018, a-t-il énuméré. 
Plus tôt cette semaine, M. Labeaume avait fait part de son intention d'y «aller mollo sur le stationnement» au Centre Vidéotron, même si l'équipement est en place et fonctionnel depuis l'été 2015. L'ouverture du Grand marché est désormais présentée comme date limite. 
Cet été, Le Soleil s'était fait dire que «la période de rodage devrait commencer au début de l'automne avec la reprise des événements tenus sur le site d'ExpoCité». Mais les caissiers règnent toujours en rois et maîtres lors des événements où le stationnement est payant. 
Le nouveau système prévoit que les automobilistes prennent un billet en entrant, le conservent avec eux et acquittent la facture à une borne de paiement à l'intérieur du bâtiment visité, comme dans la plupart des hôpitaux. Le billet est nécessaire pour faire lever la barrière à la sortie. Cela suppose quelques secondes de plus par automobile pour évacuer le site.
Goulot d'étranglement
Actuellement, les visiteurs doivent plutôt payer en argent comptant aux guérites à l'entrée, mais toutes les barrières sont levées à la sortie. 
«L'important, c'est que le client soit satisfait», a martelé vendredi le maire Labeaume. Dans sa solution «comptant», il rejette toutefois l'option d'introduire le paiement électronique. Selon lui, cela créerait à l'entrée le même goulot d'étranglement qu'il tente d'éviter à la sortie. Le problème, «on le règle ou on le règle pas. Tu peux pas tout avoir dans la vie», a-t-il laissé tomber à la fin de son intervention. 
La chef de l'opposition, Anne Guérette, semblait découragée par ce nouveau développement. «Si l'amphithéâtre est pas fait pour des grands événements, je me demande il est fait pour quoi. Autrement dit, ça va être mis de côté la majorité du temps. Donc, je pense qu'on est sur le bord de pouvoir conclure ensemble qu'il s'agit d'un beau gaspillage de 2,5 millions $, encore une fois suite à une décision prise trop rapidement, sans réflexion, sans vision d'ensemble», a-t-elle commenté.