La  Redoute Dauphine

Survol des chantiers patrimoniaux

L'approche de l'été annonce la reprise des chantiers patrimoniaux pour rescaper les bâtiments et structures historiques de la région de Québec, souvent très abimés. Petit survol des principaux projets estivaux qui nécessiteront des millions de dollars de débours fédéraux... mais qui ne permettront de réaliser qu'une partie des travaux nécessaires.
Redoute Dauphine
Le fédéral poursuit la longue réfection du site historique des Fortifications-de-Québec. Outre les murs, des bâtiments en font partie; la Redoute Dauphine est du nombre. Il s'agit de la construction blanche plantée dans le Parc-de-l'Artillerie, tout au bas de la rue D'Auteuil dans le Vieux-Québec. «Construite à partir de 1712, la redoute Dauphine a servi notamment de caserne aux soldats français et britanniques. Elle est l'un des plus anciens bâtiments militaires de la ville de Québec», raconte Kimberly Labar, agente de relations publiques et communications pour Parcs Canada. Modifiée à plusieurs reprises au fil du temps, la Redoute Dauphine a été restaurée au début des années 80. Elle est aujourd'hui mal en point, tel qu'en témoignent des documents consultés. «Le projet [...] vise principalement la réfection de l'enveloppe de maçonnerie du bâtiment qui présente des signes importants de dégradation. Il comprend également, dans une moindre importance, des travaux aux portes et fenêtres, à la toiture, aux plâtres intérieurs et aux aménagements extérieurs.»
Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) pilote le tout : début des travaux dès ce printemps; fin avant le 30 novembre 2018. Le contrat n'étant pas signé, on nous dit évaluer l'aventure entre 1 million $ et 10 millions $...
Bastion St-Louis
On sait depuis des années qu'une bonne partie des joints retenant les pierres des fortifications de Québec ont été négligés. L'opération rattrapage se déplace cette fois au Bastion St-Louis. Cette partie de la muraille part de la porte St-Louis et tourne sur les plaines d'Abraham, au coin de Grande Allée Est et de l'avenue George VI, là où trône la Croix du Sacrifice. Le chantier promet d'avoir une envergure certaine selon des documents explicatifs. «Ces travaux de restauration et de conservation d'éléments patrimoniaux incluent [...] la déconstruction et la reconstruction des murs de parement, l'excavation et la reconstruction complète de la tête des murs, la réparation de certaines pierres de parement endommagées, mais récupérables, la fourniture de nouvelles pierres de grès vert, la reconstruction du noyau de maçonnerie sur une certaine profondeur, diverses interventions sur les contreforts existants, l'étaiement temporaire des murs, le rejointoiement de certaines portions des murs, la mise en place d'un système de drainage ainsi que tous les autres travaux connexes nécessaires à la réhabilitation de la face gauche et droite du Bastion Saint-Louis.»
Ici aussi, SPAC gère le chantier. Début des travaux dès ce printemps. Fin espérée à l'été 2018. Encore une fois, le contrat n'étant pas signé, on nous dit évaluer l'aventure entre 1 million $ et 10 millions $.
Fort Numéro-Un
Nous sommes à Lévis, dans le secteur Lauzon, à la fin des années 1860. Trois forts sont érigés pour défendre la colonie contre une éventuelle attaque terrestre des Américains. «Le Canada n'existe pas encore officiellement. C'est une colonie britannique nommée "Canada-Uni" depuis l'union du Haut et du Bas-Canada en 1840», relate une note historique de Parcs Canada. «Défendre le havre de Québec contre les Américains se révèle alors un enjeu plus impérial que colonial.» L'attaque n'aura jamais lieu... Aujourd'hui, deux des forts sont pratiquement condamnés. Reste le Fort Numéro-Un. «Le plus à l'est des trois ouvrages, [il] surplombe l'île d'Orléans et le port de Québec. Il [devait] donc assister la Citadelle de Québec dans le contrôle du fleuve.» Délaissé, il est rongé. En 2015, Le Soleil révélait que des travaux prioritaires de 47 millions $ devraient y être entrepris pour le restaurer. Le fédéral y va une bouchée à la fois. Un mur sera complètement démonté puis rebâti, note Sonia Tengelsen, des relations avec les médias de SPAC. Un autre chantier de SPAC. Début des travaux ce printemps. Échéancier s'étirant jusqu'au 24 juin 2018. Pas de budget dévoilé tant que le contrat n'est pas paraphé. La fourchette va de 1 million $ à 10 millions $.
Ancien-Édifice-de-la-Douane- de-Québec
Déplaçons-nous en bordure du fleuve, à l'extrémité du quartier du Petit Champlain. Au 101, boulevard Champlain, dans les bureaux de la Garde côtière. Jusqu'en 1841, le bâtiment a servi de douane. «Construit entre 1831 et 1832, l'ancien édifice de la douane de Québec est une conception d'Henry Musgrave Blaiklock, un des premiers architectes professionnels à pratiquer au Canada», découvre-t-on dans un récit historique transmis par Pêches et Océans. «Bâti à côté du fleuve Saint-Laurent, l'édifice est un rare exemple survivant d'un bâtiment fédéral dans le style néoclassique des années 1830. [...] L'édifice simple, mais monumental est un symbole du rôle de la ville de Québec comme port pour le Haut et le Bas-Canada, et ses revenus de douane sont devenus une source économique importante pour la région.»
Encore un projet délégué à SPAC. Il s'agit essentiellement de refaire le parvis de pierre de l'arrière du bâtiment classé lieu historique. Un budget de 500 000 $ environ. Travaux cet été puis durant l'automne.
Manège militaire des Voltigeurs de Québec
Le Manège militaire
Les travaux sont déjà bien avancés et il ne s'agit pas d'une nouvelle construction. Mais la renaissance du manège détruit par le feu en 2008 n'est pas terminée, rappelle Sonia Tengelsen, des relations avec les médias de SPAC. «Les travaux sur l'enveloppe du Manège se termineront à l'été 2017, puis les travaux se poursuivront à l'intérieur de l'édifice pour le préparer à l'occupation.» Une épopée d'environ 104 millions $, dont plus de 11 millions $ dépensés pour des consultations et autres travaux préliminaires.
Bastion St-Jean et glissade de la terrasse Dufferin
Deux autres chantiers patrimoniaux auront lieu cet été sur les propriétés fédérales de la capitale, mais ils seront moins importants que les précédents. À la place d'Youville d'abord où les fortifications seront retapées. Une besogne qui devrait être complétée pour l'automne. Puis à la terrasse Dufferin, où des éléments de la structure de bois de la grande glissade seront renforcés ou remplacés jusqu'à l'automne.