«Ce sera très délicat, ce n'est pas juste scier cela en trois parties. On parle d'une structure de bois de 60 à 70 pieds de haut recouverte de tôle travaillée.»

Sursis pour le clocher de l'église Saint-Sauveur

Consolidé par de gros câbles métalliques, le clocher vacillant de l'église Saint-Sauveur restera en place encore quelques jours, le temps que les experts évaluent plus en détail les différentes stratégies pour le rescaper.
Dans l'urgence, la paroisse avait interpelé les autorités municipales la semaine dernière : architecte et ingénieur venaient de constater que la structure affaiblie par la moisissure penchait et menaçait de céder. Un périmètre avait été établi rapidement. On évoquait un sauvetage qui pourrait coûter jusqu'à 1,4 million $ et priver le bâtiment patrimonial de sa flèche durant plusieurs mois.
Depuis, des ouvriers ont réussi à fixer quatre câbles pour retenir le clocher... Et tout le monde a pris le temps de souffler. Il n'y aura pas de démontage «à court terme», indique maintenant le directeur des communications de l'Église catholique de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre.
«Après une stabilisation cette fin de semaine, puis un chantier presque arrêté dimanche et lundi, il y a une rencontre cet après-midi [mardi] avec l'ingénieur principal où les différents scénarios, puis le scénario privilégié, vont être présentés», explique-t-il.
«Par la suite, cette semaine, il y a aura une rencontre avec la fabrique et les différents intervenants pour pouvoir bien entériner la bonne décision.»
Solidifier ou démonter?
Il reste à décider s'il est possible de redonner du tonus au clocher sans de déboulonner, ou s'il faudra le couper en morceaux qui seront entreposer durant l'hiver pour qu'il soit reconstruit. «Dans les différents scénarios qui sont sur la table, il y a maintenant un nouveau scénario qui s'est ajouté, qui est celui de pouvoir réparer sur place. Mais c'est un scénario parmi les autres». 
M. Lemieux-Lefebvre assure qu'entre-temps, «la sécurité des lieux est toujours assurée à 100 %». Les élèves de l'école voisine ne peuvent donc pas sortir dans la cour pour la récréation. Aussi, la rue Boisseau et l'avenue des Oblats sont bloquées.
La semaine dernière, le curé Jean Picher appelait à l'aide la Ville et le gouvernement supérieur afin de payer la facture. 
Déjà, les deux paliers avaient reconnu la valeur patrimoniale de 8 églises de la région, dont celle de Saint-Sauveur. Ils avaient promis quelque 30 millions $ sur 10 ans pour les restaurer. Le ministre de la Culture pourrait verser une contribution pigée dans cette enveloppe pour la réfection du clocher.
Selon le curé Picher, Saint-Sauveur est la troisième paroisse de Québec, après celle de la cathédrale Notre-Dame du Vieux-Québec et celle de Saint-Roch.
Un premier lieu de culte a été bâti en 1856 sur le site de l'église Saint-Sauveur, mais il a brûlé en 1866. Dès l'année suivante, une nouvelle construction est apparue. Le clocher a été érigé en 1892.