Amélie Bédard, directrice générale de SABSA, et Thomas Fréchette, intervenant psychosocial à la clinique mobile de l’organisme
Amélie Bédard, directrice générale de SABSA, et Thomas Fréchette, intervenant psychosocial à la clinique mobile de l’organisme

Surdoses: SABSA déploie une clinique de soins mobile [VIDÉO]

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
La coopérative de solidarité SABSA déploie une clinique mobile de santé pour prévenir et répondre aux surdoses dans la région de la Capitale-Nationale.

«Avant tout, il s’agit d’interventions de proximité pour les patients et pour leurs proches. Le véhicule permettra de rejoindre une clientèle diversifiée, sans égard à l’âge, au sexe, à la substance psychoactive consommée, pour autant que cette substance place le patient en situation de risque de surdose. L’infirmière, l’intervenant et le pair aidant prodigueront les soins, la formation et l’enseignement requis à même cette clinique mobile aménagée pour répondre aux besoins», expose la directrice générale de SABSA, Amélie Bédard.

Le projet s’inscrit dans le plan de lutte aux opioïdes de la Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale qui a participé à son financement en fournissant près de 200 000 $ pour la clinique mobile et le salaire des intervenants, explique Nathanaëlle Thériault, médecin-conseil au sein de l’organisation. Son équipe et elle notent une légère hausse des signalements de surdoses dans la région. En 2018, le nombre de signalements de surdoses mortelles suspectées était de 36 et est passé à 41 en 2019. Quant aux signalements de surdoses non-mortelles, ils ont augmenté de 57 en 2018 à 70 en 2019.

La clinique mobile se rendra notamment dans les régions périurbaines de Québec comme Portneuf et Charlevoix pour rejoindre les personnes à risque de surdoses qui sont moins visibles et plus isolées. «Le centre-ville de Québec est bien desservi pour les personnes qui vivent des problématiques de toxicomanie, mais dans les régions, c’est parfois plus difficile d’obtenir des services directs ou plus anonymes», explique Thomas Fréchette, intervenant psychosocial à la clinique mobile de SABSA. «Parce qu’on n’a pas de lien de proximité avec eux, ils n’ont pas de crainte que la confidentialité puisse être brisée parce qu’il y a un proche qui travaille dans les ressources où ils vont demander de l’aide», explique l’intervenant.

L’objectif est aussi de réaffilier les usagers aux services réguliers qui pourraient exister dans leur secteur puisque l’équipe multidisciplinaire de la clinique mobile SABSA offrira du support aux organismes d’aide déjà en place. «On a commencé à rencontrer l’ensemble des ressources sur le territoire 03», informe Thomas Fréchette.

L’aménagement intérieur du véhicule a été conçu de manière à ce que les intervenants et les professionnels puissent administrer les soins «en toute confidentialité et sécurité pour les patients». L’intérieur ressemble à une clinique, avec table de consultation, matériel pour l’administration de vaccins, tests de dépistage des drogues et des ITSS, trousses de naloxone et matériel de consommation sécuritaire, entre autres. «On veut offrir une offre de services large pour rejoindre les gens», explique l’intervenant.

Le véhicule et son entretien sont une gracieuseté de Mercedes-Benz de Québec. Avec Élisabeth Fleury