Subventions au transport en commun: pas de retard, se défend Ottawa

N'en déplaise au Réseau de transport de la capitale (RTC), le gouvernement du Canada ne considère pas qu'il y a du retard dans l'étude des demandes de subventions du Fonds pour les infrastructures du transport en commun (FITC).
Le RTC a approuvé mercredi une augmentation de plus du double de la limite de sa marge de crédit bancaire afin de payer ses nouveaux autobus hybrides. Cela parce qu'il est toujours sans nouvelles de l'aide financière réclamée au FITC pour cet investissement et plusieurs autres. Les critères du nouveau programme canadien permettent d'espérer un remboursement à hauteur de 90 % pour les infrastructures de transport en commun.
Selon le président du RTC, Rémy Normand, des «tractations» entre les gouvernements du Canada et du Québec justifieraient le temps mis pour approuver les projets soumis. Toutes les sociétés de transport en commun seraient en attente. 
Selon Kate Monfette, directrice des communications du ministre canadien de l'Infrastructure Amarjeet Sohi, les délais ne sont toutefois pas anormaux. «Nous avons reçu une longue liste de plusieurs dizaines de projets récemment et l'approbation suit son cours normal. Nos fonctionnaires sont en contact avec leurs homologues à Québec pour s'assurer que nous avons toute l'information nécessaire sur tous ces projets et nous serons en mesure d'annoncer l'approbation du financement bientôt», a-t-elle fait savoir au Soleil
«Bientôt» serait ici une question de semaines plus que de mois. Ce qui ferait l'affaire du RTC, qui se plaint d'avoir à payer de sa poche des frais d'intérêt en attendant le versement des subventions. 
51 projets du RTC
Mme Monfette explique qu'Ottawa et les provinces s'étaient donné environ six mois après la signature de l'entente fédérale-provinciale pour commencer l'analyse des demandes de subventions. Pour le Québec, ce délai expirait en décembre. Les premières listes de projets - dont celle du RTC, qui a soumis 51 projets totalisant 90 millions $ - ont été déposées peu après.  
Au lieu d'approuver les projets à la pièce, Ottawa a décidé, comme pour le Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU), de s'exécuter en bloc. Cela peut signifier quelques allers-retours entre les deux ordres de gouvernement s'il manque des détails sur un projet en particulier. Mais au final, Infrastructure Canada considère que cela permet d'aller plus rapidement.