La population de Stoneham a augmenté de 4 % dans la dernière année. Selon le dernier recensement fédéral de 2011, la municipalité comptait 7106 citoyens, un bond de 21,1 % par rapport à 2006.

Stoneham: une montagne en pleine ascension

La ville de Stoneham prend tranquillement son envol. À l'heure où les meilleurs planchistes du globe convergent vers les sommets enneigés de la petite municipalité au nord de Québec pour la Coupe du monde de surf des neiges, Le Soleil fait le point sur les défis de Stoneham et Tewksbury avec le maire Robert Miller. Car la ville connue pour ses montagnes abruptes et sa nature hivernale mise de plus en plus sur son tourisme estival. Et les planchistes et skieurs ne sont plus les seuls à migrer au nord de la capitale: Stoneham doit composer avec une croissance de sa population, et sera confrontée plus que jamais ces prochaines années aux questions plutôt urbaines de densité de population et de mobilité de ses travailleurs. Tour d'horizon.
<p>La Coupe du monde de surf des neiges permet à Stoneham d'attirer les regards étrangers.</p>
> La planche de salut
La Coupe du monde de surf des neiges à la Station touristique Stoneham génère des retombées touristiques inestimables pour la ville, estime le maire Robert Miller.
«En terme de visibilité, on est sur la map! On ne peut pas évaluer ça...» plaide le maire Robert Miller, en entrevue au Soleil.
La plupart des résidants de la région de Québec connaissent Stoneham et son centre de ski. Mais avec la Coupe du monde, la municipalité juchée dans les montagnes au nord de Québec attire les regards étrangers. «Le tourisme hivernal, ça compte beaucoup pour nous», rappelle le maire. La compétition internationale procure une publicité non négligeable. «On sait que les athlètes sont logés à Québec pour la plupart. Mais par contre, ça amène des bénévoles, des visiteurs. Eux, ils restent sur place, ils vont s'installer dans des chalets, des maisons de villégiature. Et ils vont revenir...»
Les touristes en quête d'un peu d'air montagnard sont le pain et le beurre de la municipalité. «Les retombées au niveau de l'emploi sont importantes. La station touristique, c'est notre plus gros employeur», souligne le maire Miller.
Des événements comme la Coupe du monde, Stoneham en prendrait à la pelle. «On reste, comme municipalité, ouverte à accueillir de telles compétitions sur notre territoire. On va toujours être partenaires», dit Robert Miller. «Et oui, en terme de capacité, on peut en prendre plus. Il y a de la place pour accueillir des milliers de visiteurs, dans les maisons touristiques et d'hébergement.»
Un employé à Sotchi
Stoneham a déjà été l'hôte d'un prestigieux championnat du monde de surf des neiges, l'an dernier. En attendant la prochaine compétition de calibre mondial, des employés de la station se font tranquillement un nom.
Charles Turcotte, un des responsables des infrastructures de neige, se rendra ainsi aux Jeux olympiques de Sotchi. Pas pour prendre des notes, mais plutôt pour donner des conseils et partager en Russie son savoir-faire développé près de la capitale québécoise. «Il y a une expertise dans notre communauté qui s'est développée», dit le maire.
La saison froide est bien sûr plus achalandée dans les Laurentides. Mais de plus en plus, les touristes grimpent dans les montagnes durant les jours chauds de l'été, fait valoir le maire. «Les touristes sont parfois tentés de revenir l'été après être venus l'hiver.»
Des visiteurs souvent venus pour visiter avant tout le Vieux-Québec, le Petit-Champlain ou le Musée des beaux-arts et non pas le mont Wright ou les Marais du Nord. «Les gens vont aller à Québec, et quand c'est le temps de s'héberger, ils vont se dire: on va aller à 20 minutes du centre-ville. Ils s'en viennent chez nous en montagne, en nature», résume Robert Miller.
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> «La pression» de développer
La hausse des prix des terrains et des résidences dans la capitale a des échos jusqu'à Stoneham, où les promoteurs sont de plus en plus nombreux à vouloir construire dans les Laurentides. Pas question pour autant de transformer la petite municipalité en nouvelle banlieue peuplée de Québec, rétorque le maire Robert Miller.
«On sent la pression», confie le maire, en entrevue au Soleil. Dans la dernière année, la population a augmenté de 4 %. Selon le dernier recensement fédéral de 2011, 7106 citoyens avaient trouvé refuge dans les montagnes de Stoneham. Un bond de 21,1 % par rapport à 2006, soit tout près de quatre fois plus que la moyenne nationale de croissance de 5,9 % entre les deux recensements.
Et selon le maire, encore plus de citoyens auraient bien pu occuper ses forêts. «Une chance qu'on a des périmètres urbains identifiés, parce que je vois des demandes passer... et je préfère ne pas en parler. On n'est pas prêts. On n'est pas rendus là. C'est aussi clair que ça», soutient Robert Miller.
Migration à contrôler
La migration vers le nord doit être contrôlée selon lui. Loin de lui l'idée d'imiter Sainte-Brigitte-de-Laval, dont la croissance de la population a été phénoménale entre 2006 et 2011, soit de 50,3 %. «Je ne me bats pas pour ça! Ce n'est pas notre intention», affirme le maire. «On n'a pas les mêmes développeurs, on n'a pas les mêmes partenaires.»
Il dit préférer son rythme actuel de développement immobilier et continuer d'octroyer une centaine de permis de construction par année - trois fois moins qu'à Sainte-Brigitte-de-Laval. «On veut se développer à ce rythme-là. On veut être capables de s'adapter à la croissance.»
Peu importe cette croissance limitée. Stoneham deviendra de plus en plus dense, plan métropolitain d'aménagement et de développement du territoire oblige. «Oui, on densifie. On le doit. Il y a des obligations ministérielles. Mais en même temps, on garde toujours cette proximité de la nature. On a développé en tenant compte de l'arrivée d'une nouvelle population.»
La montagne est sacrée, jure toutefois le maire. Les promoteurs doivent en faire leur deuil. «On ne construit plus en montagne. C'est terminé, cette période-là», martèle Robert Miller. «On va utiliser plus le centre, les plateaux, et on va garder l'espace vert tout le tour.»
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Coupe Vanier et portes ouvertes
Stoneham est réputée pour le ski et la planche à neige. Pas le football. Mais l'entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, habite Stoneham. Le résidant et entraîneur de football apportera donc avec lui la coupe Vanier lundi, de 16h30 à 18h30, à l'hôtel de ville de Stoneham. La ville tiendra alors sa journée portes ouvertes où elle inaugurera avec les citoyens le réaménagement de ses locaux municipaux.
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<p>Les touristes en quête d'un peu d'air montagnard sont le pain et le beurre de Stoneham.</p>
> Vers la bonification du transport collectif
Le service de transport collectif de la MRC de la Jacques-Cartier sera plus fréquent et étendu, est persuadé le préfet Robert Miller.
La petite municipalité de Stoneham semble un peu perdue dans les montagnes, mais elle est néanmoins desservie par un - modeste - service de transport en commun.
Des autobus, matin et soir, font le lien avec Québec. Le service est aussi offert à Lac-Beauport, Saint-Gabriel-de-Valcartier, Lac-Delage, Fossambault-sur-le-Lac, Sainte-Brigitte-de-Laval et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Et les autobus roulent rondement, assure Robert Miller. «C'est un service qui se développe très rapidement. On parle d'une augmentation de 20 à 25 % de la clientèle à chaque année», affirme le maire de Stoneham et préfet de la MRC de la Jacques-Cartier.
Dans la capitale pour le travail
Lui-même dit avoir profité des autobus. «Quand je travaillais à Charlesbourg, j'ai eu l'occasion de prendre ce transport collectif. Et je l'appréciais. Ça me donnait l'occasion de faire la lecture des journaux le matin avant d'arriver au bureau. Oui, il y a des avantages là-dedans.»
Fait à noter, une écrasante majorité des citoyens de Stoneham travaillent à Québec. «On a quand même 80 % de notre population qui travaillent vers le centre», estime Robert Miller.
«Il va falloir regarder comment on va raffiner tout ça. On a des obligations aussi qui s'en viennent, avec le plan métropolitain d'aménagement, d'offrir des services», ajoute le maire de Stoneham. «C'est pas un service qui va aller vers le bas!»