Le Syndicat des chauffeurs d'autobus de la rive-sud dit vouloir profiter dès maintenant de son rapport de force, au lieu de se faire imposer des conditions de travail par un arbitre plus tard cet automne.

STLévis: grève générale des chauffeurs d'autobus dès le 28 août?

Le transport en commun sera paralysé à Lévis à partir du lundi 28 août. Les chauffeurs d'autobus de la Société de transport de Lévis (STLévis) ont décidé d'aller de l'avant avec une grève générale illimitée en pleine rentrée scolaire.
Si aucune entente ne survient entre les deux parties d'ici deux semaines, la Société de transport de Lévis (STLévis) vivra la première grève de son histoire. Le territoire de la ville de Lévis n'est pas soumis à la Loi sur les services essentiels, si bien que tous les autobus resteront au garage.
Seul le sous-traitant Autocars des Chutes, qui dessert l'ouest de la ville et qui fournit le transport adapté poursuivra ses activités. 
«On va en grève pour une raison, c'est l'entêtement de l'employeur», lance Stéphane Girard, président du Syndicat des chauffeurs d'autobus de la rive-sud. M. Girard est sorti insatisfait mardi matin de la séance de négociation pour le renouvellement de la convention collective des 107 chauffeurs qu'il représente. C'est surtout l'organisation du travail qui achoppe. 
Le syndicat ne voit toutefois pas cette grève comme une «fatalité» et se dit ouvert à poursuivre les négociations jusqu'à cette date. Un total de 5 séances est déjà prévu à l'horaire. «On ne veut pas mettre les clients à la rue. On va négocier jour et nuit s'il le faut. Mais l'employeur devra faire un bout de chemin», soutient M. Girard. 
Le syndicat dit vouloir profiter dès maintenant de son rapport de force, au lieu de se faire imposer des conditions de travail par un arbitre plus tard cet automne. Il justifie ce dépôt rapide d'un avis de grève en raison de l'adoption de la loi 24, qui impose «des délais beaucoup plus courts que par le passé». 
Sous-traitance dénoncée
M. Girard dénonce le fait que la STLévis ait recours à de la sous-traitance et veuille garder environ le tiers de ses employés avec un statut occasionnel, ce qui fait en sorte qu'ils connaissent leur horaire de travail à la dernière minute et doivent travailler sur une amplitude de 15 heures par jour. «C'est de l'exploitation humaine. Le 28 août, on va leur montrer que c'est fini, ça», lance M. Girard. 
Le conseiller municipal Michel Patry, président de la STLévis, réplique que seuls quelques chauffeurs doivent rester disponibles 15 heures par jour. «Les horaires atypiques et coupés, c'est le propre de la majorité des chauffeurs d'autobus», exprime-t-il. Selon lui, le recours à des travailleurs occasionnels et à la sous-traitance, «ça nous donne une souplesse que d'autres sociétés de transport nous envient. Ça nous permet aussi d'opérer à des coûts un peu moindres.»
M. Patry est confiant toutefois d'en arriver à un règlement avant le 28 août. Il demande d'ici là au syndicat de négocier une entente sur les services essentiels à maintenir en cas de grève. M. Patry juge que les parcours Express vers Québec et les parcours Lévisiens, qui sillonnent la ville d'est en ouest, devraient être maintenus aux heures de pointe. La STLévis souhaite également pouvoir continuer à transporter quelques milliers d'élèves vers les écoles privées de son territoire. 
M. Girard répond qu'il «n'est pas question» de négocier un seul service essentiel. 
À Québec, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a évité une grève de ses chauffeurs quelques jours avant son déclenchement en mars dernier.