Laurent Lessard, ministre des Transports du Québec

SRB: Lévis «toujours dans la game»

Les sommes réservées dans le budget provincial pour le projet de service rapide par bus (SRB) ne serviront pas uniquement à Québec, comme l'a laissé entendre mardi le maire Régis Labeaume. Mais il est vrai que les premiers plans et devis du parcours cibleront les points chauds de la rive nord.
Les 56 millions $ prévus pour les plans et devis du SRB dans le budget Leitão causent des tensions entre les maires de Québec et de Lévis. M. Labeaume a lancé mardi que l'ensemble de l'argent doit servir au développement d'une première phase sur la Rive-Nord parce que le maire Gilles Lehouillier doute avoir les moyens de payer sa part du SRB. Ce dernier a répliqué qu'il était «toujours dans la game».
Il est «très clair» pour le ministre responsable de la région de Québec, François Blais, que Lévis est toujours partie prenante au projet. «C'est encore la proposition actuelle, a dit M. Blais, mercredi. C'est comme ça que le financement va être fait. Bien sûr, je vois bien qu'il y a une discussion sur la place publique. Elle va se terminer plutôt en privé. On espère bien sûr pouvoir faire le projet au complet.»
«C'est un SRB Québec-Lévis, a réagi le ministre des Transports, Laurent Lessard. On va se rencontrer pour clarifier les choses.»
En après-midi, le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand, a aussi parlé inclusivement des deux rives, tout en laissant au maire Lehouillier le soin de «se prononcer sur la capacité de Lévis à poursuivre sa démarche dans le cadre du SRB».
Le conseiller municipal responsable du dossier de la mobilité durable a par ailleurs donné raison au maire Labeaume : les premiers plans et devis qui seront réalisés ne concernent que le territoire de Québec. 
M. Normand a en effet expliqué que le bureau d'étude du SRB veut dessiner les segments les plus problématiques du parcours pour en préciser les coûts. Or il s'avère qu'ils se trouvent tous à Québec. La côte d'Abraham et les environs de l'Aquarium, près des ponts, ont été donnés en exemple. 
Les autres secteurs suivront. Vérification faite auprès du ministère des Transports, les 56 millions $ doivent permettre la réalisation de l'ensemble des plans et devis pour les deux rives. 
Contrairement à ce que les propos du maire de Québec laissaient entrevoir, rien n'indique que la construction commencera exclusivement sur la Rive-Nord en 2019. «Ça, on ne peut pas se prononcer à l'étape où on est», a indiqué M. Normand, sans exclure un premier chantier Québec-Lévis. Jusqu'à maintenant, le secteur des ponts a toujours été inclus dans la première phase. 
«Problème de compréhension»
Comment autant de politiciens ont-ils pu s'emmêler les pinceaux? «Ce n'est pas un problème de communication, c'est un problème de compréhension», a lancé le président du RTC, sans préciser qui n'avait pas compris. Une rencontre du comité directeur du SRB est prévue vendredi.
Pour Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement, la présence de Lévis dans le mégaprojet de SRB est essentielle. La possibilité que les municipalités doivent acquitter 10 % de la facture ne devrait pas faire fuir Gilles Lehouillier, dit-il, car les avantages sont trop importants.
«J'ose espérer que c'est une game de poker du maire de Lévis, qu'il ne serait pas assez cave pour refuser un investissement majeur et structurant pour son territoire et sa population», a laissé tomber M. Turgeon mercredi.