SRB: Lehouillier s'inquiète des coûts de fonctionnement

Le maire de Lévis ne s'inquiète pas seulement de la facture initiale à payer pour construire le SRB, mais de toutes celles qui vont suivre pour le faire rouler.
«Actuellement, le problème, c'est qu'au niveau des coûts de fonctionnement, il y a des choses qui restent à compléter au niveau du SRB. Il va falloir que le comité directeur nous présente un certain nombre d'éléments. Par exemple, quels sont les paramètres des coûts d'opération? Est-ce que c'est le kilométrage? Est-ce que c'est le nombre d'usagers?» a demandé Gilles Lehouillier en fin de journée jeudi. 
L'élu municipal a répété qu'il ne pouvait pas absorber 10 % des 600 à 700 millions $ requis pour les seules infrastructures, puis payer chaque année pour faire fonctionner le réseau modernisé. 
Le maire de Lévis a ainsi confirmé les pistes de blocage identifiées plus tôt dans la journée par son homologue de Québec. «Lévis se pose des questions sur l'entièreté du projet. Ça va beaucoup plus loin que payer 100 % des immobilisations. Même si le gouvernement payait 110 %, ça changerait pas leur questionnement sur certaines choses. Ils se posent des questions sur l'entièreté, les coûts d'opération, les coûts admissibles, les coûts d'aménagement, etc.» a analysé Régis Labeaume. 
Quatre propositions
En guise de réponse, il dit avoir soumis à la fin de l'année quatre propositions chiffrées pour «essayer de sortir de l'impasse» et garder la rive sud dans le projet. 
«Nous, à la Ville de Québec, on pense qu'on doit aller chercher la clientèle de Lévis. Il faut donner du service à Lévis. On le pense sincèrement», a souligné le maire Labeaume, qui juge «absolument essentiel de traverser le pont». 
Gilles Lehouillier affirme qu'il ne se prononcera pas sur ces scénarios avant que le bureau d'étude du SRB ne les ait analysés. Une rencontre du comité de direction est prévue vendredi. «Une chose est certaine pour nous : on va être dans la game pour la réalisation du SRB. On a toujours dit qu'on était en faveur», a-t-il insisté, prenant le ministre des Transports à témoin. 
M. Labeaume a accordé à son vis-à-vis «le droit de réfléchir», mais il prévient que lui-même «sait où il s'en va» et qu'il ne faut «pas hypothéquer notre projet». 
C'est pourquoi il a annoncé mardi, à la surprise générale, que les 56 millions $ contenus dans le budget du Québec ne serviraient qu'à la rive nord. Finalement, il appert que les premiers plans et devis cibleront effectivement des points chauds à Québec, mais le tracé de Lévis devrait être dessiné par la suite. 
Le maire de Québec n'a pas caché qu'il y avait de la stratégie dans sa sortie post-budget. «Si ça peut provoquer l'accélération des réflexions, je ne détesterais pas ça», a-t-il laissé tomber avec un demi-sourire. 
M. Labeaume a également écarté à nouveau toute possibilité de tenir un référendum sur le projet de SRB, après l'appel de la chef de l'opposition Anne Guérette. «L'élection, c'est fait pour discuter, débattre et décider», a-t-il répliqué. 
Avec Normand Provencher