Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux était dans les locaux de SQUAT Basse-Ville lundi pour annoncer l’octroi d’une subvention d’un million de dollars destiné à prévenir et à contrer la prostitution juvénile ou d’autres formes d’exploitation sexuelle des jeunes.

SQUAT Basse-Ville pourra aider deux fois plus de jeunes

Comme 18 autres organismes communautaires du Québec, le SQUAT Basse-Ville aura les reins un peu plus solides pour aider les jeunes fugueurs à ne pas tomber dans les filets de la prostitution. L’argent du gouvernement est garanti jusqu’en 2021, mais l’avenir reste incertain.

Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux était dans les locaux de l’organisme de Québec lundi pour annoncer l’octroi d’une subvention d’un million de dollars destiné à prévenir et à contrer la prostitution juvénile ou d’autres formes d’exploitation sexuelle des jeunes.

Les 60 000 $ que recevra SQUAT Basse-Ville serviront à engager un deuxième travailleur de rue, ce qui lui permettra, possiblement, d’aider 400 jeunes au lieu de 200 jeunes par année. Le SQUAT pourra également consolider son équipe d’intervenants à sa maison d’hébergement, où les jeunes en fugue peuvent venir dormir quelques nuits. 

La directrice générale Véronique Girard s’est montrée heureuse de recevoir cette somme, mais elle a quand même servi un avertissement à M. Coiteux, en plaidant pour un financement global récurrent des organismes communautaires et non un financement annuel «par projet». 

Selon elle, cette façon de faire du gouvernement est contre-productive. «Plusieurs projets voient le jour, mais annuellement, plusieurs projets tombent aussi. Parce que le financement est venu à échéance et les possibilités de les refaire financer sont minimes», a-t-elle expliqué en conférence de presse. 

Le financement par projet crée de l’instabilité d’emploi pour les travailleurs de rue et autres intervenants sociaux, «mais aussi une instabilité dans la vie des gens que l’on suit», a exprimé Mme Girard. 

Comme directrice d’un organisme communautaire, elle doit gérer environ 14 sources de financement différentes, et toute la paperasse qui vient avec. Mme Girard souhaite qu’à la fin de ce Programme de prévention et d’intervention en matière d’exploitation sexuelle des jeunes (PPI), en 2021, l’argent soit toujours au rendez-vous. 

Le ministre Coiteux s’est montré sensible à cette critique. «Je sais que c’est pas un cadeau de faire chaque année des demandes», a-t-il soutenu. Sauf que cette façon de faire permet à de nouveaux organismes de voir le jour et de cogner à la porte du gouvernement, plaide-t-il. 

«Peut-être qu’un jour on sera capables de systématiser tout ça et de rendre une bonne partie de tout ça récurrent. C’est le souhait de tous. Mais on fait avec des moyens qui sont pas toujours disponibles.»

SQUAT Basse-Ville a connu de graves difficultés financières en 2013, ce qui l’a obligé à réduire ses effectifs et ses heures d’ouverture. Le refuge pour jeunes en crise a rouvert ses portes 24 heures sur 24 depuis un an.