Plus de 600 personnes ont convergé vers L’Impérial, mercredi soir, à l’occasion du spectacle-bénéfice «Québec, mon amour», visant à appuyer Le Soleil.

Spectacle-bénéfice «Québec, mon amour»: pour que Le Soleil se lève encore [PHOTOS]

Dans une ambiance conviviale, baignée par les notes de huit chanteurs et musiciens de Québec, plus de 600 personnes ont convergé vers L’Impérial, mercredi soir, à l’occasion du spectacle-bénéfice «Québec, mon amour», visant à appuyer Le Soleil dans sa volonté de surmonter la crise qui le secoue et dont le nouveau modèle coopératif pourrait s’avérer la planche de salut.

Dans l’assistance, plusieurs représentants du monde politique, culturel, journalistique, économique et sportif, mais aussi plusieurs lecteurs assidus. Parmi eux, Suzanne Richard, aux premières loges pour assister au show. «Je viens appuyer la continuité du journal et la nouvelle formule [de relance]», lance la dame de Québec, passionnée de politique et de culture.

Pendant plus de deux heures, tout ce beau monde a vu défiler Simon Kearney, Tire le Coyote, Koriass, Pascale Picard, The Lost Fingers, Karim Ouellet, Maude Audet et Liana Bureau. Une des rares fois, peut-être même la première, où autant d’artistes de la capitale, qui pour la plupart continuent à habiter la ville, étaient réunis sur la même scène. 

«Le Soleil a toujours été là pour les artistes de la relève. Les premiers articles de journaux sur moi l’ont été [dans ce journal]. C’est une institution qu’il faut absolument préserver», mentionne Tire le Coyote.

Indispensable

Les maires de Québec et de Lévis comptaient parmi les spectateurs. Chacun a insisté sur l’importance que Le Soleil, fort de ses 123 ans d’histoire, poursuive sa mission. Régis Labeaume croit qu’il serait dangereux que la capitale ne compte plus qu’un seul quotidien. «Ce serait antidémocratique, même si je ne suis pas toujours content de la couverture [de son travail]...» glisse-t-il, d’un ton badin. «Pour l’écosystème de Québec, Le Soleil est indispensable», devait-il ajouter quelques instants plus tard à la foule.

Gilles Lehouillier croit que le projet de coopérative, vers lequel se dirige le quotidien du quartier Saint-Roch, représente une avenue intéressante. Le Journal de Lévis a emprunté cette voie, il y a quelques années, et les résultats sont au rendez-vous, explique-t-il. «Au début, on pensait que ça ne marcherait pas, mais il a survécu. Sinon, la région de Lévis n’aurait pas d’hebdo.»

Dans un texte à saveur poétique, rédigé juste avant le spectacle, la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, a clamé haut et fort son amour pour Québec et Le Soleil. Pour elle, la capitale ne serait pas la même si Le Soleil cessait de l’éclairer. «J’ai besoin de tes penseurs, de tes lanceurs d’alerte, de tes assoiffés de vérité qui font tout pour nous la donner […] Ton éclipse serait extrêmement périlleuse. Québec, prends soin de toi et de ton brillant quotidien.»

Anecdotes

Les maîtres de cérémonie de la soirée, Guillaume Dumas, animateur à ICI Radio-Canada Première, et Catherine-Ève Gadoury, sont retournés dans les archives pour relater quelques faits marquants et autres anecdotes qui ont émaillé l’histoire du journal, dont sa naissance, le 28 décembre 1896, sur les cendres de L’Électeur.

«Le Soleil a été pour moi une école de vie», a déclaré l’animateur qui a passé huit ans dans ce journal, et dont le père (Maurice) a été longtemps l’un des piliers de la section sportive. «Avec les coupes dans les fonds de pension, comme les autres retraités, il ne l’a pas facile. J’aimerais qu’on se batte ensemble pour qu’ils ne perdent pas en plus leur journal.»

L’artiste peintre Jean Gaudreau, qui a payé ses études comme camelot du Soleil, tenait à être présent à la soirée. «Son apport culturel est extraordinaire. C’est un journal qui fait partie de nos vies.»

Une vague d’amour qui, espèrent maintenant les artisans du Soleil, permettra d’insuffler l’énergie nécessaire pour attacher les dernières ficelles du financement. Les prochaines semaines s’annoncent fertiles en émotions. À l’image de cette soirée historique.

La foule entrant à l'Impérial